À l’occasion de cette rentrée, quel regard portez-vous sur la politique éducative menée par la Ville ?
L’école est l’une des premières responsabilités d’une commune et, pour moi, l’une des plus belles.
Depuis 2021, nous en avons fait une priorité avec le plan « Bien vivre à l’école ». Nous avons voulu ainsi agir sur tous les leviers qui relèvent de la compétence de la Ville : les bâtiments, les cours, la restauration, le périscolaire, le sport, la culture et la citoyenneté.
Près de 9 000 enfants fréquentent nos 76 écoles publiques. Notre volonté est de leur offrir les meilleures conditions pour apprendre, grandir et devenir les citoyens libres et éclairés de demain.
Qu’est-ce qui a concrètement changé dans les écoles aixoises ?
Toutes nos cours d’école sont désormais végétalisées : 224 arbres ont été plantés, plus de 17 000 m² de sols désimperméabilisés et plus de 11 000 m² d’espaces verts réaménagés.
Nous avons rénové thermiquement 11 écoles et équipé 100 % des classes et dortoirs de ventilateurs. Nous avons aussi renforcé les équipes avec la mise en place d’un Atsem par classe en maternelle et développé les parcours éducatifs et culturels, sportifs et citoyens.
« À Aix-en-Provence, nous faisons le choix de sanctuariser l’éducation. »
Sophie Joissains, maire d’Aix-en-Provence
Le changement climatique a marqué l’été. L’école est-elle aussi un terrain d’adaptation ?
Évidemment. Les incendies, la sécheresse et les épisodes de plus en plus longs et fréquents de forte chaleur nous rappellent que le changement climatique impacte déjà lourdement notre quotidien. Si les cours végétalisées constituent une première réponse, face à cette nouvelle donne nous devons protéger encore davantage nos enfants, mais aussi les personnels éducatifs.
Nous allons donc continuer la rénovation thermique, généraliser progressivement les protections solaires et créer une salle refuge climatisée dans chaque école. Il y en a déjà 65 à ce jour et la dizaine d’écoles restantes seront équipées d’ici la fin de l’année.
Quelles seront les priorités de cette nouvelle étape du plan « Bien vivre à l’école » ?
Le mot d’ordre est simple : poursuivre ce qui fonctionne et aller plus loin.
D’autres rénovations thermiques sont ainsi programmées avec, notamment, une requalification profonde de l’école Paul Arène à Encagnane qui traite l’ensemble des aspects climatiques. Nous renforcerons aussi la sécurité aux abords des établissements, avec les « rues scolaires » et la vidéoprotection des parvis. Enfin, nous continuerons à enrichir les temps périscolaires, culturels et sportifs, et à développer les dispositifs de réussite éducative.
La restauration scolaire reste également un marqueur fort, mais tout cela intervient dans un contexte budgétaire très contraint.
Bien vivre à l’école, c’est aussi bien manger. Notre cuisine centrale produit près de 970 000 repas par an, avec 57 % de produits durables et 31 % de produits issus de l’agriculture biologique. Et nous avons maintenu inchangé les tarifs depuis 2019 malgré l’inflation, ce qui a permis aux familles de ne payer, en moyenne, que 3,68 euros un repas complet. À l’avenir, les familles les plus démunies ne verront pas d’augmentation. Chaque enfant doit avoir droit à un repas équilibré par jour.
Les collectivités, et au premier rang les mairies, sont confrontées à une équation complexe : maintenir un service public de qualité face à la hausse des coûts, à la baisse des concours de l’État et à la moindre capacité d’intervention de plusieurs partenaires historiques. La situation préoccupante de la Métropole, qui n’a toujours pas pu adopter son budget 2026 à ce jour, illustre cette pression de plus en plus prégnante sur nos ressources. Avec des conséquences pour les communes, contraintes de hiérarchiser leurs dépenses et de rechercher partout des économies sans renoncer à l’essentiel. À Aix, l’éducation fait partie de cet essentiel.
« Construire un service adapté aux familles et financièrement soutenable. »
Sophie Joissains, maire d’Aix-en-Provence
Quelle est finalement votre ambition pour l’école aixoise pour ce nouveau mandat ?
Je veux conjuguer continuité et ambition. Lorsqu’on investit dans une école, on ne dépense pas simplement pour un bâtiment municipal : on prépare l’avenir.
Près de 5 millions d’euros sont sanctuarisés chaque année en investissement pour les écoles, hors opérations exceptionnelles. Dans le contexte actuel, maintenir cet effort constitue un choix politique particulièrement fort. Nous allons également renforcer le périscolaire, notamment la garderie du soir, avec différents scénarios à l’étude en termes d’amplitude horaires et de contenus. L’objectif est d’être opérationnel pour la rentrée 2027. Mais une telle évolution représente entre 1,5 et 2 millions d’euros de coût supplémentaire chaque année : il faut donc construire un service adapté aux familles et financièrement soutenable.
L’école doit être un lieu de transmission des savoirs, d’épanouissement individuel et collectif, d’égalité des chances, de laïcité et d’apprentissage à la vie en société, de respect de l’autre et de curiosité face au monde, et nous savons combien le monde à venir est complexe. Dans une période où tout nous invite à réduire la voilure, nous faisons le choix de maintenir le cap sur l’éducation. Parce que préparer l’avenir est crucial : c’est notre responsabilité.