
- Oppidums du Baou de l’Agache et du Tonneau - Belcodène
Parmi les premiers habitats perchés de la commune, relevons celui du Clos Marie-Louise, un éperon de superficie réduite barré par une élévation de terre de datation imprécise, peut-être du Bronze ancien. L’installation d’une modeste habitation dans une dépression et la présence d’une zone de rejets proche, contenant une sédimentation allant du Bronze final au premier âge du Fer, suggèrent alors une réoccupation du plateau. Découvert lors des recherches réalisées en préalable aux travaux du TGV Méditerranée, ce site est contemporain des installations de hauteur de Simiane-Collongue, au sommet de la chaîne de l’Étoile ou du plateau du Baou-Roux à Bouc-Bel-Air avec ses constructions sur poteaux, sablières et possibles planchers. Certains murs de terrasse peuvent acquérir une fonction de type défensif, comme au Bayon de Saint-Antonin, et annoncer les premières véritables fortifications de la seconde moitié du premier âge du Fer.
Dans l’arrière-pays de Marseille, la multiplication des habitats groupés en position perchée, entre 600 et 400 av. J.-C., paraît se faire par étapes. D’abord assez discret au cours de la première moitié du VIe s. (la Chaberte à Rognes), le phénomène gagne ensuite en ampleur jusque vers la fin du Ve s., en parallèle au développement croissant des relations commerciales avec les Grecs de Marseille et plus généralement avec l’ensemble du monde méditerranéen.

- Notre-Dame-de-Consolation - Jouques
Ces liens économiques tissés avec la ville grecque ont été non seulement un élément attractif et stimulateur des capacités de production des cultures locales, mais aussi un facteur dynamisant de la structuration sociale et du renforcement de leur hiérarchisation. Qu’ils soient fortifiés ou non, ces habitats commencent à se diversifier dans le choix de leur implantation topographique et les superficies occupées (de 0,3 à 5,5 ha). Globalement, la tendance de ces petites agglomérations est à se protéger par l’édification de fortifications en pierres sèches. Mais la majorité de ces constructions posent des problèmes de datation. Les attributions aux VIe ou Ve s. des enceintes précédentes de Belcodène, mais aussi celles de la Chaberte à Rognes, de la Citadelle à Vauvenargues ou du Pas de la Couelle à Trets, reposent essentiellement sur le mobilier découvert à proximité. D’autres habitats groupés contemporains sont d’ampleurs mal définies, et sans doute non fortifiés, comme Notre-Dame-de-Consolation ou Sainte-Anne de Goiran à Jouques ou la Tête de l’Ost à Mimet.
Seuls les habitats fouillés donnent une information sur leurs aménagements intérieurs et leurs activités économiques. En dehors de la commune d’Aix-en-Provence, on relèvera le Baou-Roux à Bouc-Bel-Air. Aucune enceinte n’y a été identifiée, mais des vestiges de constructions traditionnelles ont été exhumés dans un secteur occidental et une zone dévolue au stockage (vases en terre crue, puis premiers doliums) a même été repérée. Il est intéressant de constater que le besoin d’un habitat mieux structuré à l’aide de murs porteurs en briques de terre crue sur solins de pierres sèches, ne se fait pas ici sentir avant la fin du Ve s., contrairement à plusieurs habitats proches du littoral.
Les grottes et les abris encore habités durant l’âge du Fer répondent à un mode d’occupation temporaire ou saisonnier, probablement en marge des habitats permanents. Pour le premier âge du Fer, on citera la Baume de l’Eygrou à Simiane-Collongue, et le Mourre de la Barque à Jouques, occupé entre 750 et 650 av. J.-C., ou encore la grotte du Grand Trou à Mimet et la grotte des Blaireaux à Vauvenargues. Ce phénomène se poursuit au second âge du Fer comme à Notre-Dame-de-Rot à Simiane, ou devant l’abri des Fours à Aix-en-Provence, où s’est implanté un habitat saisonnier de la fin IIe au Ier s. av. J.-C.

- Alignement de foyers à pierres chauffées, recoupés par des tranchées de plantation antiques - Ravanas, Aix-en-Provence
Sur les territoires, les prospections ont révélé de nombreuses traces agraires ou des zones d’épandage de mobilier témoignant de la mise en valeur de terroirs situés aussi bien en plaine, que dans des vallons, sur des piémonts ou des plateaux, sans doute en relation avec des fermes ou villages agricoles proches. Les fosses, silo et alignement de foyers à pierres chauffées du quartier de Ravanas à Aix-en-Provence se rattachent au début de cette époque, de même que les découvertes de la rue des Bœufs. Des traces similaires et peut-être un petit hameau rural ont également été repérés à Velaux (site de La bastide Neuve III), à Gardanne ou au pied de l’oppidum du Baou-Roux, au VIe s. Le stockage des produits agricoles semble alors se faire préférentiellement en silos enterrés. Ainsi, outre Ravanas, des silos d’une profondeur de 2,50 m, aux parois rubéfiées et recouverts d’une dalle, ont été observés aux Aires de Saint-Estève-Janson, à Beaulieu près de Rognes et sur le site d’Avon II, à Gardanne. À Aix encore, on peut également citer le site de Subreville, en limite ouest du territoire communal, où a récemment découvert un habitat daté entre 550 et 400 av. J.-C..