Habitats et territoires
Dans l’occupation des sols, le groupement de populations en habitats perchés, plus ou moins étendus, même temporaires ou conjoncturels, est un phénomène qui est bien attesté en Provence depuis la fin du Néolithique et le début de l’âge du Bronze. Les exemples du col Sainte-Anne à Simiane-Collongue ou de la Citadelle à Vauvenargues en sont des illustrations. Il apparaît dès lors, comme au long de l’âge du Fer, une très grande variabilité dans l’ampleur constatée ou supposée des établissements fondés par ces groupes humains (de 0,1 à 10 ha, mais une majorité entre 0,3 et 4 ha), et dans la nature des emplacements choisis. Ces rassemblements de familles, issues d’un clan ou de populations plus composites, vont créer sur les territoires de véritables villages, bourgs ou bourgades de centaines, voire, dans quelques cas, de milliers d’individus, comme à Entremont au cours du IIe s. av. J.-C. La totalité des habitats groupés connus sur la commune d’Aix-en-Provence et aux alentours, sont établis sur des hauteurs et sont souvent qualifiés d’oppidums quand ils sont fortifiés. Mais tous ne le sont pas, ou ne le paraissent pas, du moins à certaines étapes de leur existence.
Au vu des volumes de pierres transportées, il est certain que le système défensif d’un site perché - courtine et porte à recouvrement, renforcées ou non de bastions - est avant tout une création contraignante pour les populations agricoles impliquées. Leur réalisation est donc hautement signifiante d’une forte hiérarchisation de la société. C’est bien sûr la fonction de barrière protectrice qui est primordiale pour les communautés qui s’y établissent, comme pour les productions rassemblées de leurs activités agropastorales et artisanales. Les caractères plus monumentaux qui donnent de ce fait à l’enceinte un rôle hautement valorisant, apparaissent dès la fin du premier âge du Fer près de Marseille, mais bien plus tardivement dans la région aixoise, seulement au cours du IIe s. (Entremont 1 et 2 ; Pierredon). Mais dans nombre de cas, le caractère modeste des superficies encloses laisse supposer que la fonction de protection des récoltes a pu primer sur celle du rassemblement humain, déterminant ainsi de véritables greniers fortifiés.