
- Oppidum vu du village - Pierredon, Eguilles
Au début du second âge du Fer (IVe et début du IIIe s. av. J.-C.), on constate une apparente déprise ou, plutôt sans doute, un déplacement de population dû aux bouleversements politiques et culturels engendrés par une période de paupérisation au sein des communautés agricoles les plus dépendantes des échanges méditerranéens alors en mutation. Si l’on ne peut écarter les courants migratoires contemporains, comme ceux liés à l’expansion celtique vers l’Italie du Nord, voire jusqu’en Anatolie comme le suggère l’histoire de l’aristocrate provençal Cavaros (rapporté plus tardivement par Aristodème de Nysa, petit-fils de Posidonios d’Apamée), il faut surtout envisager à cette époque de profondes transformations dans la gestion des territoires et, par conséquent, dans les modes de l’habitat associé.
Dans le courant du second âge du Fer (IIIe et début du IIe s. av. J.-C.), certains habitats perchés antérieurs, désertés au début du IVe s., sont réoccupés au cours du IIIe s. C’est le cas du plateau du Baou-Roux, réinvesti sur une superficie d’un hectare, mais sans fortification archéologiquement associée, malgré la présence relevée d’un système défensif à bastions quadrangulaires (non clairement datée). Les constructions y sont désormais à murs porteurs et toitures en terrasse. Il en va de même vers le milieu du IIIe s. sur la colline de Pierredon.

- Oppidum vu du Nord-Est - Le Mitronet, Puyloubier
Sur la partie sommitale de cette éminence isolée au centre de la plaine d’Éguilles, les fouilles ont reconnu, sur environ 0,3 à 0,5 ha, une agglomération entourée d’une enceinte à bastions quadrangulaires. Les caractères structurels (ampleur, enceinte) et fonctionnels (rôle primordial de stockage agricole), ainsi que la chronologie de Pierredon (entre 250 et 175 av. J.-C.) se retrouvent dans d’autres habitats groupés tel celui de la Borie du Loup à La Roque d’Anthéron. Dans ce petit village de 0,13 ha qui domine la vallée de la Durance, les pièces sont disposées contre le mur d’enceinte, déterminant ainsi une aire centrale. Comme Pierredon, la Borie du Loup est violemment détruite vers 180-170. D’autres petites agglomérations à vocation agricole sont également désertées ou brutalement anéanties dans le premier quart du IIe s., tels le Mitronet à Puyloubier ou le Baou-Roux à Bouc-Bel-Air. Ces destructions s’intègrent dans un processus militaire déjà caractérisé dans la proche région de Marseille. Il résulte très certainement des conflits récurrents entre les Massaliotes et les différents intervenants indigènes, voire de ces derniers entre eux. Pourtant, en dépit de ce climat d’animosité, on constate que l’attrait des produits de consommation comme de l’architecture méditerranéenne se renforce parmi les sociétés indigènes. Ainsi les principes défensifs et leurs formes valorisantes (bastions parfois rapprochés et répétitifs) sont alors de plus en plus formellement inspirés de leurs modèles.