Aix au néolithique moyen

Vase chasséen - Saint-Pierre-les-Martigues, Martigues

Le devenir de ce Néolithique est bien connu dans notre région. Les fouilles programmées et préventives offrent une vision relativement bonne de l’évolution des productions et des pratiques, et surtout des formes de l’habitat et des sépultures qui semblent se placer dans un contexte d’ouverture des paysages, probablement lié aux premiers défrichements pour les mises en culture. Ainsi, lors du Néolithique moyen, soit entre 4 800 et 3 600 ans avant notre ère, l’économie et les productions évoluent. Dans une première phase, soit pendant le Néolithique de type Chassey (d’où le qualificatif de chasséen pour désigner cette période), apparaît une céramique particulièrement soignée, dont les vases les plus fins sont montés par estampage ou assemblage de plaques, ce qui favorise la production de formes complexes, carénées, à parois fines et particulièrement élégantes, souvent décorées de délicats motifs gravés après cuisson sur pâte sèche. Les productions lithiques vont progressivement s’orienter vers l’utilisation de matières premières de très bonne qualité permettant le débitage de lames de belle facture.
Dans une deuxième phase, la céramique évolue vers des formes plus diverses et moins décorées, tandis que la technologie lithique montre un progrès déterminant avec l’apparition de la chauffe des nucléus de silex, ce qui permet un débitage standardisé et la production de très grandes quantités de petites lames de même calibre. Pendant cette période, on assiste à l’apparition de biens de prestige qui vont circuler sur de relatives grandes distances.

Sur le territoire de la ville d’Aix-en-Provence, plusieurs chantiers d’archéologie préventive ont livré des témoins de cette époque. En particulier au 8, rue des Bœufs/1, route de Galice, avec des structures empierrées que l’on retrouve sur de nombreux habitats de cette époque, ou encore sur les sites de Mignet, du parking Rotonde, des Thermes ou encore de la Seds. En périphérie de la ville actuelle, d’autres éléments font également référence à cette période, en particulier dans la plaine de Luynes, aux lieux-dits Bigaron et Rempelin.
Diffus, souvent isolés et mal conservés, ces vestiges restent difficiles à interpréter. Ils peuvent témoigner de l’existence de plusieurs établissements successifs, comme c’est le cas à la rue des Bœufs, mais plusieurs séries de céramiques contemporaines pourraient provenir d’un même vaste site situé sous la ville antique et précédant celle-ci.
Des gisements néolithiques y ont été signalés, dès 1867, au sud-est d’Aix-en-Provence, dans la haute vallée de l’Arc, dans le bassin ou la plaine de Trets, l’analyse des dépôts sédimentaires des zones les plus basses, à proximité de l’Arc, montre que les recouvrements en pied de versants et en bordure de dépressions sont constitués de colluvions provenant des buttes et du remaniement des sédiments sous-jacents, dans un contexte d’engorgement fréquent du fond de la plaine. Ces processus ont uniformisé les petits reliefs des zones basses et érodé les établissements néolithiques établis sur les buttes et leurs flancs ; le mobilier se trouve ainsi répandu sur de grandes superficies, depuis les crêtes des interfluves jusqu’aux dépressions.

Vue aérienne du site de Château Blanc - Ventabren

Un puits a par ailleurs livré les restes de cinq individus dont quatre enfants de moins de dix ans. Il nous renseigne ainsi sur les pratiques funéraires : révélant le regroupement de quelques individus dans un creusement profond dont la vocation initiale n’était probablement pas sépulcrale.
La nécropole mise au jour sur le site de la Bastidonne, comportant plusieurs tombes aménagées dans des petits caissons construits en lauzes et dallettes, associés à des stèles à décor gravé de chevrons proches de la stèle découverte à l’emplacement du parking Rotonde, à Aix-en-Provence, illustre également le domaine funéraire. D’autres sites du sud de la France, dont un site aixois localisé un peu à l’est de l’actuel stade municipal Carcassonne, au début de la route Cézanne témoignent quant à eux de la pratique de la crémation.
À neuf kilomètres à l’ouest du centre-ville, la nécropole de Château Blanc à Ventabren, a livré plusieurs sépultures originales aménagées dans des fosses appareillées de murs en pierres et recouvertes d’un tertre circulaire, à ces sépultures est associé un exceptionnel ensemble de stèles aux motifs peints en rouge.


Direction archéologie - Ville d’Aix-en-Provence

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