Une première tentative d’archéologie territoriale à Aix

Bien qu’elle soit restée sans lendemain, la création de la Commission municipale d’archéologie, sous Louis-Philippe, constitue une expérience originale. Pour la première fois, fut programmée la conduite de fouilles archéologiques systématiques, financées par la Ville, dont les résultats ont été relatés dans trois rapports. Assortis d’une riche documentation graphique, ces documents restent une source d’information très précieuse. Entre 1841 et 1844, à l’aide de fonds publics, Étienne Rouard, bibliothécaire de la Ville et président de la Commission, a ainsi entrepris des recherches dans la partie nord de l’agglomération (aire du Chapitre qui correspond à l’actuel parking Pasteur, secteurs des « clos » qui se développaient au nord de l’actuelle rue de la Molle, couvent des sœurs du Saint-Sacrement). Ses travaux y ont mis au jour plusieurs grandes habitations résidentielles et un portique monumental dans lequel on a récemment reconnu la porticus post scaenam du théâtre. Les collections issues de ces recherches qui comptent des pièces remarquables (opus sectile, mosaïques, ensemble marmoréen) ont été, pour l’essentiel, reversées au musée Granet où elles sont toujours conservées.

On retrouve mention de cette commission au début du XXe siècle dans le Bulletin archéologique du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Une première fois dans les comptes rendus des séances de novembre et décembre 1913, une seconde fois en 1914. Le propos témoigne d’une initiative municipale particulièrement intéressante qui envisageait deux types d’interventions relevant de ce que l’on désigne aujourd’hui sous les termes d’archéologie préventive et d’archéologie programmée, et qui répondait à des problématiques bien ciblées : assurer, par le biais d’une subvention sollicitée auprès du Comité, le suivi archéologique des travaux de voirie projetés dans la ville et procéder à des recherches systématiques sur l’enceinte antique, le tracé de la voie Aurélienne et plusieurs quartiers ayant livré d’importants vestiges. La Première Guerre mondiale a mis un terme à ce projet dont le principe avait reçu un accueil favorable du Comité, à la condition cependant que les recherches fussent menées par un de ses membres.


Direction archéologie - Ville d’Aix-en-Provence