
- Aquarelle des vestiges mis à jour par Jules-Antoine Fauris de Saint-Vincens en 1790
À Aix-en-Provence, la connaissance des temps anciens a très tôt suscité l’intérêt des érudits et historiens locaux et plusieurs grandes étapes ont ponctué la tradition historiographique. Suivre le déroulé des travaux qui ont concerné le passé de la ville et de son territoire, c’est donc aussi entreprendre celui de la recherche en tentant de distinguer les grandes étapes qui ont rythmé l’approche de l’archéologie au fil du temps.
Dans ces temps où les hommes étaient pétris de culture classique, il n’étonnera personne que ce soit d’abord sur l’Antiquité que les observations et les études de nos prédécesseurs se soient portées. Les premiers travaux furent ceux d’érudits voyageurs, à la découverte de contrées qu’ils ne connaissaient pas et dont ils tentèrent de relever les éléments les plus remarquables. On doit ainsi à l’architecte et ingénieur militaire italien Giuliano da Sangallo, qui sillonna la Provence entre 1494 et 1496, les plus anciennes représentations, davantage imaginées que réalistes, de la porte d’Italie et du mausolée monumental qui se trouvait à quelques mètres d’elle. Dans un état ruiniforme, l’édifice de spectacle reconnu à la Seds fut, pour sa part, d’abord signalé par J.-R. Solier, qui l’identifia bien comme un théâtre, puis dans un Journal de voyage anonyme, en 1588-1589, où il est décrit comme un amphithéâtre.
C’était alors moins à la ville antique que l’on s’intéressait qu’à ses composantes monumentales les plus remarquables, que leur état de conservation permettait de lire dans un paysage encore très médiéval.
L’historiographie aixoise ne commence toutefois véritablement qu’avec le XVIIe siècle et reste intimement liée au Parlement de Provence dans l’orbite duquel évoluent les principaux auteurs. L’une des figures les plus remarquables est alors Claude-Nicolas Fabri de Peiresc, conseiller au Parlement de Provence, qui a réuni sur Aix-en-Provence une abondante documentation et émis des observations et hypothèses dont se sont longtemps nourris ses successeurs : Honoré Bouche, Jean-Scholastique Pitton, Joseph De Haitze... C’est cependant avec la dynastie des Fauris de Saint-Vincens, présidents au mortier du Parlement de Provence, que les recherches quittent le seul domaine de l’histoire pour aborder celui de l’archéologie. Jules-Antoine-Paul Fauris de Saint-Vincens fut ainsi le premier à entreprendre, dans la ville, des fouilles dont Alexandre-Jules-Antoine, son fils, a relaté les résultats (1). Grands collectionneurs, ils sont tout deux également à l’origine de la constitution des premiers fonds archéologiques municipaux, et, par suite, de la création du musée d’art et d’archéologie municipal. C’est, en effet, l’acquisition, par la Ville, de leurs collections, en 1821, qui a motivé l’ouverture des premières salles d’archéologie, à l’origine présentées dans l’hôtel de ville. A ces travaux, il faut ajouter l’entreprise du père P. H. Moulin de recension des Inscriptions publiques et chrétiennes des égl., couvents, monastères et édifices publics d’Aix, consignée dans un manuscrit conservé à la bibliothèque Méjanes, qui constitue, sans doute, l’une des premières expériences d’inventaire systématique connue à Aix.


