
- Galerie des antiquités Gallo-Romaines - Musée d’Aix 1861
En ce début du XIXe siècle, Aix-en-Provence s’inscrit donc dans un processus de recherche et de conservation qui touche toute la Provence et émane souvent de grands commis de l’État : c’est le moment où le préfet Ladoucette entreprend des fouilles à la Bâtie-Montsaléon dans les Alpes de Haute-Provence, où Christophe Villeneuve-Bargemon, futur préfet des Bouches-du-Rhône, engage des recherches à Fréjus. Ce siècle voit aussi la naissance de nombreuses sociétés savantes qui vont jouer un rôle essentiel tant dans la constitution d’un actif réseau de chercheurs, que dans la diffusion des résultats de leurs travaux dans des revues qu’elles créent, ou encore dans la mise en œuvre de protocoles de recension et d’études.
C’est ainsi que s’ouvre l’ère des premiers inventaires systématiques : celui que Aubin-Louis Millin a publié dans son Voyage dans le Midi de la France, rédigé entre 1807 et 1811, celui collecté dans la monumentale Statistique des Bouches-du-Rhône, sous la direction du comte de Villeneuve-Bargemont (1824), celui de Rouchon-Guigues, consigné dans son Mémoire publié en 1840, sans compter les récolements post-révolutionnaires des mobiliers d’églises jusqu’à la compilation de Honoré Guibert, parue sous le titre Monuments religieux de la ville d’Aix, en 1891.
L’entreprise fut poursuivie à la fin du siècle par Numa Coste, qui fit paraître plusieurs articles dans le Sémaphore de Marseille et encore, en 1913, par le Catalogue historial des sanctuaires et établissements religieux d’Aix depuis l’évangélisation jusqu’à 1900, de l’abbé Marbot.
Inventaires des découvertes et des sites, mais aussi des collections car le XIXe siècle est, pour Aix-en-Provence, également le temps des inventaires fondamentaux, avec les travaux de François Artaud qui a recensé toutes les mosaïques alors connues sur le territoire national, ceux de Joseph et Honoré Gibert, qui se sont succédé comme directeurs de l’école de dessin et conservateurs du musée d’Aix, entre 1844 et 1870. On doit au premier la création, en 1861, de la première « salle d’archéologie lapidaire » qui fut aménagée au rez-de-chaussée de l’ancien prieuré de Malte qui deviendra le musée Granet, et, au second, la rédaction de deux catalogues des collections (1862 et 1882), qui font toujours référence. À partir de 1885, Camille Jullian entama la recension des inscriptions de la vallée de l’Arc et, en 1888, paraissait le tome XII du Corpus inscriptionum latinarum.
Fait nouveau, la fin du siècle est aussi le moment où se développent localement les recherches sur les temps plus anciens, la Préhistoire notamment, dont la reconnaissance a été admise dès 1867 lors du congrès international d’anthropologie et d’archéologie préhistorique réuni à Paris. Elle aboutit à la création, en 1903, de l’importante Société Préhistorique de France, qui prend le nom de Société préhistorique française en 1911.