Les mentions de céramiques dites en terre de Bougie (Bugeya, Bugia) ou de Bégier, présentes dans des inventaires mobiliers après décès ou dans les comptes et tarifs de péages provençaux et ligures, restent à ce jour, énigmatiques. Il n’en demeure pas moins qu’elles figurent chez des gens aisés et évoquent de la belle vaisselle, venue de Bougie (Bejaïa) dans ce qu’il est convenu d’appeler alors la Barbarie. Les liens commerciaux avec Marseille en sont bien connus depuis le XIIIe s. jusqu’au XVe s. où le Foundouk des marseillais à Bougie est un lieu très actif. Cette céramique, identifiée clairement par les notaires, est signalée plusieurs fois à Aix, en 1436 dans l’inventaire de tutelle pour les enfants de Plantalion de Molin, en 1460, à Puyricard après le décès de Noble Jean Bonilis, ou en 1504 dans l’inventaire des biens d’Antoine de Rive. Le pichet que possède Louis Audibert, plâtrier d’Aix en 1458, est un objet de prix rangé dans une caisse fermant à clef ; la tasse d’Antoine de Rive, boulanger ou les trois pots de Pierre Basilhe en 1500, sont signalés comme des œuvres de qualité. Mais à quelles trouvailles archéologiques correspondent ces ouvrages ? S’agit-il de céramiques à lustre métallique d’origine espagnole ayant transité par Bougie ou d’une appellation générique recouvrant des réalités orientales ? Il n’en demeure pas moins, que ces mentions perdurent jusqu’au XVIIe siècle et qu’un prêtre aixois, Louis Trouihas, en 1648, compte parmi ses meubles « un grand plat de terre de constantinople apelle begier » et « ung pot de terre de pize appelle begier » !
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