
- Sépulture à crémation de la plaine des Milles-Luynes -Bigaron, Aix-en-Provence
Hormis la sépulture à incinération des Férauds, disposée en fosse et signalée par un bétyle fruste, les autres témoignages funéraires du premier âge du Fer provenaient, jusqu’à très peu, d’inhumations en caisson, sous tumulus de pierres et de terre. Mais la découverte récente à flanc de coteaux de deux riches sépultures à incinération dans la plaine de Luynes, à Aix-en-Provence, datées entre le milieu du VIe et le milieu du Ve s. av. J.-C., modifie nos informations. À cette exception près, la distribution des sépultures est essentiellement dépendante de zones montagneuses régionales, chaîne du Régagnas au sud (nécropole de la Sérignane : 28 tumulus) et alentours du massif de la Sainte-Victoire au nord : à Vauvenargues, nécropole de Claps et tumulus isolé, non fouillé, de La Sinne, voire quelques sites funéraires plus anciens signalés près de la Citadelle ; à Puyloubier, nécropole du Pouchon. L’ancienneté des recherches et les bouleversements qui ont affecté ces tertres depuis un siècle, sont les causes essentielles de notre méconnaissance tant des rites pratiqués lors de l’inhumation que des objets, peu nombreux, qui accompagnent les défunts. D’autres tumulus à inhumation (ou de rite non précisé), anciennement fouillés ou repérés plus récemment, sont également signalés dans des secteurs peu élevés, comme la vallée de l’Arc, à Aix-en-Provence (Saint-Pons) et à Trets (près de Pourrières). Toujours au premier âge du Fer, se rattachent aussi les découvertes anciennes d’inhumations en coffres de pierre ou en pleine terre, apparemment sans recouvrement tumulaire (la Cascade de Siège à Simiane-Collongue). C’est à l’extrême fin du premier âge du Fer, que peut être attribuée l’inhumation en coffre de lauzes de la Grande Duranne, sur les bords de la Jouine à Aix-en-Provence (avec un lot d’armilles).

- Urne en céramique de type suspendien découverte dans un des tumulus - La Sérignane, Peynier
D’autres découvertes d’objets isolés ne sont pas sans poser problème : cachettes de fondeur ou dépôts rituels ? Ainsi, ceux trouvés sur le piémont méridional de la Sainte-Victoire sont-ils les vestiges d’offrandes cultuelles dispersées ? La boucle d’oreille torsadée et le bracelet du Bronze final ou du tout début de l’âge du Fer découverts à 820 m d’altitude au Pas de la Savonnette, à Saint-Antonin-sur-Bayon, en faisaient-ils partie ou proviennent-ils de sépultures bouleversées ? Même interrogation pour le lot de bracelets brisés et tordus, de la commune du Tholonet aux Espinades. La même difficulté de caractérisation et d’interprétation recouvre les objets métalliques signalés à Aix-en-Provence, sur la colline des Pauvres du quartier de Bibemus : une hachette en cuivre, une épée et des bracelets en bronze ont été retrouvés dans des anfractuosités naturelles du substrat.
On ajoutera à ces trouvailles problématiques celles faites sur d’autres sites à vocation cultuelle bien plus explicite, comme les portiques peints et les stèles mis au jour sur le plateau d’Entremont, dont on sait qu’ils sont antérieurs au premier habitat. L’interprétation de ces éléments, avec la présence d’entailles céphaliformes dans un dernier état, a été liée à un lieu cultuel dédié aux mânes des ancêtres.