2001, la loi d’archéologie préventive

Fouilles dans l’aile Bourguignon de Fabregoules du Musée Granet - 2001

En fixant un cadre législatif aux recherches générées par les projets d’aménagement, la loi sur l’archéologie préventive promulguée en 2001, et plus encore sous sa forme modifiée en 2003, régule et instaure de nouvelles pratiques qui transforment radicalement l’activité. Elle définit notamment le rôle d’opérateur d’archéologie préventive, désormais encadré par un agrément de l’État.
La Ville fait le choix, en 2006, de s’engager pleinement dans ce nouveau dispositif. Agréé en octobre de la même année et élevé au rang de direction, le service archéologique monte ainsi progressivement en puissance en intégrant des compétences qui lui permettent d’assumer toute les missions découlant de l’archéologie préventive : personnel scientifique encadrant, techniciens, céramologues, géomorphologue, topographe, gestionnaire des collections. Un dépôt archéologique, futur Centre de Conservation et d’Étude, voit le jour.
Corollaire de la loi, un nouveau zonage archéologique est mis en place dès 2003, qui permet d’instruire tout dossier d’urbanisme portant sur des secteurs jugés archéologiquement sensibles. Si l’arrêté préfectoral instituant ce zonage reprend, avec de légères modifications, les contours de la zone précédemment inscrite au P.O.S., il intègre surtout le domaine rural, mettant ainsi en accord l’activité d’aménagement du territoire et la sauvegarde du patrimoine archéologique.

La volonté de la municipalité d’exercer une compétence générale sur les diagnostics favorise, d’autre part, la mise en place d’une véritable politique de l’archéologie, portée par des problématiques scientifiques et non conduite au coup par coup, au gré des opportunités. Cette cohérence est assurée par une concertation permanente entre le service instructeur de l’État, le Service Régional de l’Archéologie (DRAC), et les archéologues municipaux. L’activité soutenue en matière de diagnostic garantit, pour les aménageurs, la maîtrise des délais, et alimente un fonds de connaissance permettant d’avoir des réponses de plus en plus pertinentes sur les projets d’aménagement. Par ailleurs, le redéploiement, sur l’ensemble du territoire municipal, des investigations archéologiques permet désormais de rééquilibrer les connaissances entre la ville et son territoire et fait émerger des périodes laissées jusque-là dans l’ombre, telles que le Néolithique et la Protohistoire, et des problématiques nouvelles, paléo-environnementales notamment. Aix-en-Provence est ainsi passée d’une archéologie urbaine à une archéologie du territoire et sa Direction Archéologie fait désormais des incursions sur le territoire intercommunal, au gré d’opportunités en lien avec des projets de valorisation plutôt que d’aménagement.
Après seulement huit ans d’activité dans le cadre du nouveau dispositif d’archéologie préventive, on ne dénombre pas moins de 168 nouvelles interventions dont une grande partie sur le territoire rural.

S’il est moins concerné par des fouilles de grande ampleur que dans le passé, le centre historique, protégé par un secteur sauvegardé, continue d’être un champ d’étude privilégié. L’activité archéologique s’attache à y étudier les constructions civiles et religieuses au travers d’opérations d’archéologie du bâti, rendues possibles par le recrutement, en 2007, d’un archéologue médiéviste-moderniste et la constitution d’une équipe spécialisée. Récente à Aix, cette approche a accompagné les principaux chantiers de restauration de ces dernières années : hôtel Boyer d’Eguilles, chapelle des Pénitents blancs des Carmes, église de la Madeleine…et elle se développe dans le cadre de programmes de recherches au long cours, à l’image de celui, engagé depuis plusieurs années, sur les réseaux et constructions souterrains, qui continuent de documenter la ville antique, ainsi que la ville médiévale et moderne. L’archéologie territoriale permet ici de combiner archéologie préventive et archéologie programmée.


Direction archéologie - Ville d’Aix-en-Provence