Symphonique de Noël
"A Cézanne" | Éric Tanguy. Création mondiale d’Éric Tanguy, inspirée par Cézanne
Shéhérazade (1er, 2ème et 3ème mouvements) | N. Rimski-Korsakov
Valse des fleurs, Café, Trepak, extraits de Casse-Noisette | P.I. Tchaikovsky
Marche des Chevaliers, extrait de la Suite n°2 de Roméo et Juliette | S. Prokofiev
Valse n°2, extrait de la Jazz suite n°2 | D. Shostakovich
A CEZANNE, CREATION MONDIALE
Composée en 2024-25, l’œuvre a été commandée par le Conservatoire à Rayonnement Régional « Darius Milhaud » d’Aix-en-Provence à l’occasion de la grande exposition Cezanne 2025 au musée Granet et jouée en création le 28 juin 2025 par l’Orchestre Sym-phonique du conservatoire sous la direction de Michel Durand Mabire.
La partition, d’un seul tenant, s’articule en trois sections aux caractères distincts qui ten-tent de décrire l’homme, l’artiste et ses œuvres, aussi bien dans son caractère ombrageux et solitaire, que dans la singularité de son langage pictural.
En cela, l’idée de creuser son propre sillon et de suivre son chemin personnel, loin des académismes et des institutions est particulièrement entré en résonance avec ma concep-tion de la création, à travers la composition de cet hommage admiratif au génie de Cezanne.
La musique se déploie dans un langage modal qui explore à la fois le champ de la conso-nance et de la dissonance, de l’horizontalité des phrases, des ruptures verticales et des contrastes orchestraux.
La partition, d’une durée de 11 minutes environ, est dédiée très amicalement à Michel Durand Mabire, Guillaume Rabier et Bruno Ely, sans qui cette œuvre n’aurait pu voir le jour.
Eric Tanguy
Musique russe – l’Ailleurs, la Danse et le Rêve
A la fin du XIXe siècle, l’Empire russe achève sa conquête territoriale vers l’est et le sud. Les artistes accompagnent cette expansion par leurs récits de voyage qui captivent les foules, et leurs mélodies glanées en Orient qui suscitent le rêve.
Shérérazade (1888). La suite symphonique de Rimski-Korsakov est considérée comme un monument de la musique à programme Mariée à un sultan se lassant cruellement de ses épouses, la princesse Shéhérazade utilise ses talents de conteuse pour garder la vie sauve. Ainsi, le langoureux thème de Shéhérazade, confié d’abord au violon solo, s’entremêle avec les autres mélodies tout au long des trois mouvements entendus ce soir. L’orientalisme se révèle par l’emploi de percussions empruntés au Moyen-Orient, comme le tambourin, par l’utilisation exotique de solos d’instruments à vent tels que le hautbois, la clarinette et le basson, mais surtout dans des rythmes spécifiques et des gammes inspirées du monde arabe.
Casse-Noisette (1892) est par essence le ballet du Rêve ; Tchaïkovski nous transporte dans une ambiance féerique, installée par la harpe dans la célèbre Valse des fleurs. La mélopée envoûtante de Café, sous-titrée « Danse arabe », est confiée à la clarinette, dont le solo élégant et ornementé, accompagné par le tambourin, est un marqueur typique de l’orientalisme. Enfin, dans Trepak, une danse traditionnelle slave, l’orchestre tout entier semble bondir avec les danseurs, les emportant dans une cavalcade sauvage et infinie.
Dans la Danse des chevaliers du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev (1935), l’Ailleurs ici suggéré n’est plus un lieu mais un temps. L’intrigue se passe à Vérone au XVIe siècle, dans la salle de bal de la famille Capulet. Le décor de la tragédie qui s’annonce est déjà dressé. On y retrouve un thème lourd comme une armure, lesté par les pesantes basses des trombones et des percussions. Reprise tour à tour par les cordes puis par les vents, la mélodie principale, d’abord véhémente, s’adoucit subitement avec le thème de Juliette, contraste tendre confié aux flûtes et clarinettes soutenues par les pizzicatos des cordes et le célesta, instrument à clavier métallique renforçant l’aspect magique de l’extrait.
Enfin, dans la Valse n°2 de la Suite pour orchestre de variété n°1, l’Ailleurs n’est plus dans un palais d’Arabie, mais de l’autre côté d’un rideau de fer. Commandée par l’Orchestre d’État de Jazz, cette œuvre divertissante de Chostakovitch n’a en réalité de jazz que son saxophone. Cette influence presque imaginaire demeure cependant un témoignage précieux de son époque et, plus généralement, de cette aspiration au lointain, qui est l’un des marqueurs de la musique russe. Adoptée par le cinéma puis par la publicité, la gracieuse valse devient dans les années 1990 la plus célèbre musique du compositeur russe.
Présentation rédigée par les élèves de la classe de culture musicale d’Etienne Kippelen
Orchestre symphonique du Conservatoire
Direction | Michel Durand-Mabire
Entrée libre, dans la limite des places disponibles