L’archéologie : une discipline de l’Histoire

L’archéologie est une science qui s’attache à relever et à analyser les traces involontaires laissées, à toutes époques, par l’Homme. Son but est ainsi la restitution de l’activité humaine passée et plus généralement la connaissance des systèmes culturels qui encadrent cette activité.

Discipline de l’Histoire, elle s’en distingue par des domaines d’intervention spécifiques où elle puise la matière qui alimente ses réflexions : les fonds marins ou fluviaux (archéologie subaquatique), le sous-sol (fouilles terrestres) et le bâti (archéologie monumentale).

Science Humaine et sociale, l’archéologie bénéficie des progrès scientifiques et techniques pluridisciplinaires nécessaires à la compréhension de l’activité humaine.
L’ensemble des disciplines en histoire, anthropologie, sociologie, langues, les sciences politiques, sciences naturelles, géologie sont utilisées pour les analyses et les études variées des sédiments, des matériaux, des pollens, des charbons de bois, de la faune, de l’évolution du climat.

Si les collectivités ont la possibilité de créer des services archéologiques, la discipline reste néanmoins encadrée dans une règlementation dirigée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles *.

Toute fouille archéologique est soumise à l’autorisation de l’État comme le précise l’article L523-1 du code du patrimoine :

« Nul ne peut effectuer sur un terrain lui appartenant ou appartenant à autrui des fouilles ou des sondages à l’effet de recherches de monuments ou d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie, sans en avoir au préalable obtenu l’autorisation. »

Les fouilles archéologiques sont de 2 types : préventives ou programmées, selon qu’elles répondent à des projets d’aménagement ou à une logique d’étude scientifique.

*Service déconcentré du ministère de la Culture et de la Communication


Direction archéologie
Route des Milles - 13100 Aix-en-Provence
Tel : 04 42 91 89 55
E-mail : archeologie-museum@mairie-aixenprovence.fr

Composante de la discipline archéologique et reconnue d’intérêt général, l’archéologie préventive a pour objet d’assurer "dans les délais appropriés, la détection, la conservation ou la sauvegarde par l’étude scientifique des éléments du patrimoine archéologique susceptibles d’être affectés par les travaux concourant à l’aménagement".
En 2009, 52 collectivités territoriales sont agréées et 4 réalisent les diagnostics systématiques pour la fouille préventive.
La Ville d’Aix en Provence agréée depuis octobre 2006 comme opérateur en archéologie préventive intervient pour les périodes de la protohistoire à l’époque contemporaine.
Il faut savoir qu’à l’instar du patrimoine naturel, le patrimoine archéologique n’est pas renouvelable.

L’archéologie préventive permet donc de recueillir les informations scientifiques d’un site archéologique avant que des travaux d’aménagement n’entraînent sa destruction. Grâce à elle, l’aménagement du territoire ne se fait plus au détriment des vestiges du passé, mais permet au contraire leur étude approfondie.
Elle est réglementée par la loi d’archéologie préventive à Aix-en-Provence, cette loi est appliquée sur la base du zonage archéologique établi par l’Etat avec le concours de la Direction Archéologie. Les opérations de recherche réalisées dans ce cadre sont les diagnostics ou les fouilles préventives.

Les prescriptions archéologiques

Le Zonage

Au sein des secteurs à fort potentiel archéologique, l’État peut définir des zones où les projets d’aménagement affectant le sous-sol sont présumés faire l’objet de prescriptions de diagnostic ou de fouille préventive préalablement à leur réalisation, ce sont les zones de présomption.
Dans ces zones, les autorisations d’urbanisme sont instruites, selon des seuils prédéfinis par le Préfet de Région, par le Service Régional de l’Archéologie (SRA), qui dépend de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC).
Amenés à évoluer, ces zonages sont transmis à titre informatif et réglementaire selon leur catégorie : à Aix-en-Provence, le zonage archéologique repose sur les données de la carte archéologique et prend en compte les zones de développement urbain :
3 zones de superficies sont concernées, dans lesquelles les projets d’urbanisme font l’objet d’un avis du SRA

Le Diagnostic

Le diagnostic archéologique d’un terrain destiné à être aménagé a pour but d’évaluer la densité, l’état de conservation et l’intérêt scientifique des vestiges enfouis.
Il consiste le plus souvent dans l’ouverture, à l’aide d’un engin mécanique, de tranchées ou de sondages.
Le préfet de Région peut prescrire un diagnostic archéologique sur tout projet d’urbanisme : permis de construire, permis d’aménager (lotissements, zones d’aménagement concerté, installations ou travaux divers, aménagements fonciers...), permis de démolir, projets soumis à étude d’impact, d’ouvertures de carrières, de tracés linéaires (LGV, routes, gazoducs, canaux, aéroports).
Il revient au Service Régional de l’Archéologie (SRA), service déconcentré de l’Etat, dépendant de la Direction des Affaires Culturelles (DRAC) d’établir cette prescription et d’en assurer le suivi.

A Aix-en-Provence, en vertu du choix qu’a fait la Ville de réaliser les diagnostics de façon systématique, la Direction Archéologie a le monopole sur cette activité.
Les conditions de réalisation du diagnostic sont encadrées par une convention entre l’opérateur et l’aménageur considéré comme le maitre d’ouvrage.
Le résultat d’un diagnostic permet aux services de l’Etat :
 de lever l’hypothèque archéologique sur le terrain à construire ou à aménager (absence de vestiges)
 de proposer à l’aménageur la modification de son projet, afin qu’il ne porte pas atteinte aux vestiges qui y sont conservés
 de prescrire une fouille préventive
 d’engager une procédure de classement du site au titre des Monuments Historiques. Cette procédure est toutefois exceptionnelle.

La Fouille

Si l’aménagement prévu ne peut garantir la conservation des vestiges archéologiques détectés lors du diagnostic, le Préfet de Région prescrit une fouille préventive, dans l’objectif de permettre leur étude avant destruction.
La prescription de fouille est adressée à l’aménageur en sa qualité de maître d’ouvrage. Elle est accompagnée d’un cahier des charges scientifique.
L’initiative de l’opération revient au maître d’ouvrage qui en assume le coût (sauf exceptions prévues par la loi). L’activité de fouille préventive étant soumise à la concurrence, l’aménageur peut faire appel à l’opérateur agréé de son choix.
La fouille d’archéologie préventive est encadrée par un contrat de fouille conclu entre l’aménageur et l’opérateur, ou bien par un marché si l’aménageur est une personne publique soumise au Code des marchés publics.
Elle comprend deux phases :
 l’étude de terrain, à l’issue de laquelle l’aménagement peut être réalisé. Durant cette phase, une fois le terrain décapé jusqu’à l’apparition des vestiges, l’acquisition des données consiste à fouiller les vestiges, les relever, les photographier, les étudier, les interpréter, voire les prélever en vue d’une analyse ultérieure ou de conservation.
 la phase de post-fouille, durant laquelle les données sont analysées, les relevés mis au net, les mobiliers archéologiques étudiés (céramique, verre, étal, monnaie…). En vertu de son agrément comme opérateur en archéologie préventive en 2006, la Direction Archélogie est habilitée à répondre à un appel d’offre, pour les fouilles portant sur les périodes chronologiques suivantes : Protohistoire, Antiquité, Moyen Age, périodes Moderne et Contemporaine.


Direction archéologie
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L’archéologie programmée est élaborée par la communauté scientifique chargée de l’archéologie en France, elle consiste à définir des objectifs d’exploration chronologique et thématique répondant à des besoins précis de recherche.
Elle est réalisée par des archéologues relevant des organismes de l’Etat ou de collectivités territoriales, des universités et parfois même par des archéologues indépendants.
Les explorations sur le territoire communal ont différentes formes qui s’inscrivent dans les travaux de la ville pour l’aménagement des voiries et le plan d’urbanisme :
 la fouille programmée pour répondre à une logique scientifique.
 les programmes de recherche pour mener des projets d’étude communs.
 les prospections pour une veille archéologique avec le repérage et inventaire des sites permettant de réactualiser le zonage.

La fouille programmée ne revêt aucun caractère d’urgence ; elle répond à une logique scientifique contrairement à la fouille préventive qui répond à des projets d’aménagement.
Une fouille programmée peut être réalisée par toute personne ayant fait la demande et reçue une autorisation nominative par les services de l’Etat : délivrée soit par le Conseil National de la Recherche Archéologique (CNRA) si le site est reconnu d’intérêt national, soit par une des Commissions Interrégionales de la Recherche Archéologique (CIRA) si le projet s’inscrit dans le cadre régional.
Placée sous la responsabilité du titulaire de l’autorisation, la fouille programmée est exécutée sous la surveillance d’un représentant de l’autorité administrative et selon ses prescriptions scientifiques.
A l’issue de la fouille, les découvertes de caractère immobilier ou mobilier sont conservées et immédiatement déclarées à l’autorité administrative.

Quelques opérations archéologiques programmées aixoises

Le site de la SEDS

_ La Direction Archéologie d’Aix-en-Provence avec le concours de l’Institut de Recherche sur l’Architecture Antique (CNRS, MMSH) a mené un programme d’évaluation archéologique mis en oeuvre en 2003-2004.
Propriétaire d’une grande partie des terrains de l’ancien établissement conventuel des Sœurs du Saint-Sacrement, la Ville d’Aix-en-Provence a souhaité mieux connaître les vestiges archéologiques potentiellement conservés dans le sous-sol, pour pouvoir orienter ses choix dans l’aménagement du site.

Les recherches archéologiques conduites sur le site de la Seds, en 2004, ont révélé le théâtre de la Ville romaine d’Aix-en-Provence.
Ainsi, contrairement aux procédures archéologiques habituelles, toujours placées sous le sceau de la fouille préventive, Aix-en-Provence faisait l’objet d’un programme de recherche suscité non par un projet d’aménagement, mais par une stricte démarche de connaissance.

Pour l’archéologie et l’histoire d’Aix-en-Provence, le site de la Seds est emblématique. Réputé de longue date pour sa richesse archéologique, il intéresse, en effet, une longue période de l’histoire d’Aix-en-Provence, entre l’Antiquité et la fin du XIVe siècle.
Ce sont donc près de seize siècles de l’histoire d’Aix-en-Provence qui sont ainsi conservés dans les terrains de l’ancien couvent de la Seds.
Le lieu où se trouve le monument offre des possibilités de mise en valeur exceptionnelles au regard de sa situation urbaine, tant au plan patrimonial qu’urbain.

Le programme de prospection pédestre

Bien que ressortissant de la recherche programmée par sa forme réglementaire, ce programme s’intègre en réalité dans une démarche d’archéologie préventive, telle que peut la développer un service territorial. Il vise à mettre en œuvre une véritable politique de gestion préventive du patrimoine archéologique, où doit primer la notion d’anticipation, par rapport au développement urbain de la commune.
En effet, si ce programme est destiné à documenter des parties du territoire peu étudiées, la superficie très importante de la commune (18.600ha), nous conduit à orienter les programmes de prospections sur les zones en cours d’urbanisation et celles à venir. L’objectif est de permettre un repérage en amont, des sites archéologiques dans les zones où ils sont le plus menacés à court ou moyen terme.

Ce programme de prospection inventaire doit s’adapter à plusieurs contraintes :
 l’accessibilité des terrains : une demande d’autorisation est systématiquement requise auprès des propriétaires.
 la lisibilité des parcelles : la prospection hors période de culture est privilégiée dans la mesure du possible ;
 l’impact des projets d’aménagement : à partir des données disponibles (zones d’urbanisation future (NA) du Plan Local d’Urbanisme . Celles ci toutefois ne nous permettent pas d’évaluer le véritable impact des projets car leur nature et la programmation des travaux ne sont pas précisés.

L’important travail préparatoire qui sert de base à la programmation des prospections pédestres prend en compte les modes d’occupation des sols (cultivés ou non, type de culture) afin d’établir un calendrier. Il s’accompagne d’un premier travail de repérage sur les photographies anciennes de l’aérophotothèque du Centre Camille Jullian et sur celles de la Société Aérial.

De même, une lecture des cartes et plans anciens (carte de Cassini, cadastre de 1829…) est systématiquement réalisée et complétée si nécessaire.
Chaque parcelle sélectionnée fait alors l’objet d’une demande d’autorisation auprès de son propriétaire. Sur le terrain, l’équipe réunit des personnes de compétences chronologiques diverses pour garantir au mieux l’objectivité des ramassages. La prospection consiste d’une part en la vérification des découvertes archéologiques anciennes, et de l’autre en la recherche de nouveaux sites qui font systématiquement l’objet d’une déclaration au Service Régional de l’Archéologie. Ce type de recherche, peu onéreuse, mais conduite sur le long terme, permet d’inscrire la connaissance et la préservation du patrimoine archéologique dans une stratégie durable et raisonnée de développement des territoires.


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