Découverte de vestiges antiques rue Irma Moreau

À l’emplacement d’une future résidence située au 2 rue Irma Moreau, des fouilles révèlent des vestiges antiques, fresques et installations artisanales, enfouies depuis plus de 2000 ans.

Célèbre pour ses vestiges romains, Aix ne finit pas de surprendre. En 2021, à la suite d’un diagnostic archéologique établi au 2 rue Irma Moreau dans le quartier des Allées provençales, des fouilles archéologiques ont mis au jour une collection exceptionnelle datant du Ier siècle av. J.-C au IIe siècle ap. J.-C. À la demande de l’État, des archéologues ont relevé, photographié, dessiné ces reliques précieuses pour documenter l’histoire du site avant la construction de sa nouvelle résidence.

Une plongée dans l’Aix antique

Les vestiges les plus anciens remontent probablement à la fin du Ier siècle avant notre ère. À cette époque, le site est occupé par une zone agricole consacrée à la viticulture, comme en témoignent les traces agraires et fosses étudiées. Puis, progressivement, le quartier s’est urbanisé : les maçonneries retrouvées mettent en lumière un bâtiment de 70 m2 destiné au stockage, où de grandes jarres servaient à conserver le vin et les céréales. Il est ensuite remplacé par un édifice de 300 m2, organisé autour d’une entrée principale et de pièces ouvertes sur la rue, signe d’une activité économique en lien direct avec une voie menant vers Marseille. Mais la découverte la plus marquante est une pièce de 75 m2 identifiée comme un espace cultuel, dans lequel ont été retrouvés six autels, des centaines de gobelets, des peintures murales et même une sculpture de tête de serpent. Autant d’éléments qui révèlent un lieu commerçant et ancré dans les pratiques religieuses de l’époque, au IIe siècle ap. J.-C.

Des traces des périodes médiévale et moderne

Le site, alors à l’extérieur de la ville, ne cesse d’être occupé après l’Antiquité. La découverte de deux fours utilisés pour la production de terres cuites architecturales et de chaux confirme la vocation artisanale de ce secteur. Creusés dans les vestiges antiques et construits l’un au-dessus de l’autre, ces fours sont particulièrement bien conservés, avec leur chambre de chauffe et leur alandier (partie inférieure où l’on place le feu) presque complets. Ils sont desservis par un premier chemin médiéval qui deviendra par la suite ledit chemin d’Avignon. Les archéologues ont également identifié les fondations de la chapelle Saint-Roch, édifiée à la suite de l’épidémie de peste de 1720. En 1770 ce secteur fait l’objet d’une restructuration avec la percée de l’actuel boulevard de la République le long duquel sont installées les zones de battage du blé de Saint-Roch et dont le tracé des terrains est toujours visible sur les plans de la ville d’aujourd’hui.

À travers ces découvertes, c’est toute l’histoire d’un quartier d’Aix-en-Provence qui se dévoile, illustrant la continuité d’occupation et les transformations d’un espace urbain sur plus de deux millénaires.

À Aix, 24 archéologues municipaux œuvrent à l’étude des vestiges de la ville.
En France, seule une trentaine de communes possèdent leur propre service archéologique.

À chaque projet de construction, les dossiers sont transmis à l’État, au Service Régional de l’Archéologie. Celui-ci évalue le potentiel archéologique du site et peut prescrire un diagnostic, consistant à sonder 10 % du terrain pour détecter d’éventuels vestiges, les caractériser et les dater.

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