Collection de tabletteries

Direction archéologie - Ville d’Aix-en-Provence

Tout site archéologique livre, dans des quantités et des états de conservation variables, des fragments d’objets en céramique, verre, métal, bois, pierre, ou bien encore en matière organique (cuir, tissu, os...). En tant que témoignages matériels d’une culture, ces vestiges mobiliers constituent, avec la documentation scientifique recueillie lors de la fouille (documentation écrite, graphique, photographique…), une des sources d’information principales à la connaissance d’un site et de la population qui le fréquentait.

Bien qu’aucun atelier de cornetier ou de tabletier n’ait encore été identifié à ce jour, la répartition spatiale des différents types de déchets que ces deux métiers généraient (chevilles osseuses, déchets de taille, ratés de fabrication), montre une partition très nette entre les lieux de fabrication des objets, qui, si l’on en juge par la présence massive des déchets dans les égouts urbains, semblent avoir été préférentiellement installés au sein de l’espace urbanisé, et les zones où la matière première était rassemblée et peut-être en partie préparée, qui se trouvaient extra-muros. Deux épandages découverts à la périphérie méridionale de la ville et situés de part et d’autre de l’antique route de Marseille, témoignent de ce travail préparatoire de sélection des ossements représentés par leurs seules parties articulaires proximales et distales.

Découpées et débarrassées de leurs chairs, les ossatures animales constituaient une « manne » pour la production d’objets manufacturés servant au quotidien. Les fouilles préventives réalisées à Aix-en-Provence ont bien mis en lumière cette chaîne opératoire allant de la bête sur pied à l’objet fini. C’est qu’à la différence d’autres matières organiques telles que le cuir, les textiles, les vanneries ou le bois dont la préservation exige des conditions particulières (milieux très secs ou au contraire très humides), la matière osseuse a l’avantage de bien se conserver dans la grande majorité des contextes, ce qui explique que les objets en os ou en ivoire, soient assez bien représentés parmi les artefacts.

La sélection se portait préférentiellement sur les os longs (radius, tibias) et plus précisément sur leurs parties centrales, qui offraient des surfaces lisses et une matière première assez épaisse pour être travaillée. Une fois la partie médiane retirée, celle-ci était débitée soit longitudinalement soit transversalement selon l’objet souhaité. Par la suite, l’ébauche était recalibrée, ce qui générait des fragments de taille variable, correspondant à l’enlèvement des surplus de matière première.
Pour réaliser ces opérations, l’artisan dispose d’outils variés lui permettant de créer des objets pour des usages multiples :
charnières de différents modules, éléments de placage , manches de couteaux de cuisine, aiguilles, fusaïoles, (disques perforés en leur centre qui servaient à filer la laine), dés à jouer, pions bombés, jetons circulaires, plats, lisses ou mouluré, perles, épingles et pyxides (petites boîtes circulaires fermées à l’aide d’un couvercle), spatules, cuillères, peignes, talismans ...

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