Les collections aixoises proviennent essentiellement de l’antiquité, à l’exception :

- Bracelets de cheville en bronze du premier âge du Fer - Fosse 1 de Bigaron - Plaine de Luynes 2012
- d’un lot de bracelets en bronze brisés et tordus du premier âge du fer, découverts aux Espinades sur la commune du Tholonet
- D’une boucle d’oreille torsadée et le bracelet du Bronze final découverts au Pas de la Savonnette à Saint Antonin sur Bayon
- D’un lot d’une centaine de pièces de parures en bronze découvert dans un ensemble funéraire du premier âge du Fer au Bigaron dans la plaine de Luynes. Composé de plusieurs fibules appartenant au groupe du Golfe de Lion, une fibule hispanique, dix torques torsadés à enroulement terminal fabriqués à partir d’une tige martelée à chaud, plusieurs brassards d’armilles, dix bracelets à jonc ovale ou quadrangulaire, des anneaux de parures, une bague et une série de bracelets de chevilles de section britronconique portant un fin décor incisé.
Dans le domaine de la parure, les Romains ont fait preuve d’une grande inventivité, créant des bijoux d’une grande variété de formes et de matière. Les plus communs étaient en bronze, les plus riches en or ou en argent, mais l’os, le verre, l’ambre ou encore l’ivoire entraient également dans leur composition. Colliers, bracelets, bagues, perles, diadèmes et fibules ornaient toutes les parties visibles du corps. Ils pouvaient être, toujours sous l’influence de Rome et de l’Orient, rehaussés de pierres précieuses ou semi-précieuses.
Les bagues de la collection d’Aix-en-Provence sont de plusieurs types. Le type monométallique rassemble les anneaux simples. Elle sont, ici, en fer, pour le plus grand nombre, mais on en compte une très petite en or portant un décor de phallus stylisé. L’une d’entre elles, à jonc coulissant, devait être réglable. Ces modèles existaient en Gaule avant la conquête et ont continué d’être portés durant toute l’époque romaine. Répandues dans tout l’empire romain, deux bagues en verre, l’une au jonc orné, font aussi partie du répertoire aixois. Le modèle le plus représenté, et caractéristique de l’influence romaine, reste cependant les bagues à incrustation dont les chatons accueillaient souvent des éléments en pâte de verre, bleus, jaunes ou blancs, quand elles étaient en fer ou en pierre précieuse ou semi-précieuse pour les bagues en or ou en argent. D’abord utilisées pour sceller les correspondances ou les actes administratifs, puis comme ornement, elles se sont répandues après la conquête romaine. En pierre fine (cornaline) ou en verre, elles portent des motifs figurant essentiellement des divinités et des personnages du panthéon romain, ou des héros, finement gravés à la gouge.
Se rajoutent aux ornements digitaux, des bracelets en verre ou en bronze torsadés, quelques éléments d’un collier (ou bracelet) en or agrémenté de perles de turquoise, ainsi que toute une série de perles. Introduites dans le monde romain par l’intermédiaire de l’Égypte, les perles, en os, en verre ou en pâte de verre, ont enrichi et coloré la parure des Aixoises. Les formes en sont très variées, biconique, cylindrique, de section hexagonale, annulaire, sphéroïdale, ellipsoïdale, tout comme les couleurs parmi lesquelles domine cependant le bleu. Les plus fréquentes sont les perles côtelées en pâte de verre parfois de grandes dimensions souvent portées en série pendant l’Antiquité, que l’on trouve en contexte funéraire et domestique. Si la plupart des exemplaires sont de petites tailles, deux perles monochromes bleues ont un format relativement important qui les désigne comme des parures de collier.
Des pendentifs complètent enfin l’ensemble des objets de parure aixois. Souvent fragmentaires, ils sont généralement en bronze. Certains d’entre eux, en forme de phallus, possédaient des vertus prophylactiques, tout comme certaines bagues qui pouvaient être considérées comme des amulettes.
Le port des bijoux, comme le maquillage et le parfum, était l’objet de réactions vives parmi les auteurs anciens qui, à l’instar de Pétrone, moquaient ces femmes qui s’encombraient de trop de bijoux et finissaient par se disputer le titre de la plus belle - plus chère - parure. Certaines représentations antiques montrent des femmes portant une bague à chaque doigt, plusieurs colliers, des bracelets ainsi que des boucles d’oreilles.
La glyptique aixoise
La glyptique étudie les camées et les intailles. Les intailles sont des pierres ou leurs imitations en verre, ovales le plus souvent, de petites dimensions (8 à 12 mm de long en moyenne) sur lesquelles un artisan a gravé, en creux, sur l’une des faces, plus rarement sur les deux, un motif : figure humaine, animale, objet ou inscription (les camées sont des objets de même type mais la figure, sur la face supérieure, est en relief). Les intailles peuvent avoir plusieurs fonctions, ornements de bijoux, de bagues surtout, pour la couleur de la pierre, amulette, élément de protection grâce au motif gravé et parfois par la nature de la pierre.
Sur près de la moitié des intailles figure une divinité gréco-romaine, plus rarement orientale ; l’autre moitié montre des héros tels Hercule, des hommes ou des femmes, le plus souvent en action, parfois sous forme de portrait, des animaux et des objets. La datation du contexte archéologique dans lequel la pierre a été trouvée permet une première approche pour connaître celle de l’intaille, mais il faut tenir compte aussi du matériau, plus ou moins à la mode, de la période de vogue du motif gravé et du style de la gravure.