Ruches connectées : des abeilles en mission

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Grâce aux ruches connectées, les abeilles installées en haut du conservatoire vont livrer des précieuses informations sur la biodiversité.

Pas de doute, les abeilles sont bien les sentinelles de l’environnement. Les deux ruches du toit du conservatoire font partie de la phase pilote du projet Diams (Digital Alliance for Aix-Marseille Sustainability), un dispositif qui mobilise au total 4,8 millions d’euros, financé à 80 % par l’Europe.
Coordonné par la Métropole Aix-Marseille, son but est de collecter des données, sur la qualité de l’air, via, entre autres le BeeOmonitoring. Derrière ce nom sorti d’un film de science-fiction, on trouve des abeilles, qui, à travers l’analyse de leur pollen vont agir comme des drones naturels, pour faire de la biosurveillance. Les locataires des deux ruches aixoises, équipées de capteurs, vont ainsi faire l’objet de deux analyses, réparties sur trois périodes. La première a eu lieu de fin mars à début avril, la seconde et la troisième vont se dérouler de mi-mai à fin juin et de fin juin à mi-août. Ces analyses portent d’une part sur la biodiversité végétale, en recensant le nombre et le type d’espèces végétales présentes sur un périmètre donné. Le résultat vient cibler les carences végétales et leur impact pour l’ensemble de l’écosystème. Elles concernent ensuite la détection de pollution des métaux lourds tels que plomb, cadmium, zinc, mercure, arsenic, cuivre et chrome. À terme, ce travail va permettre de dresser des cartes de l’état de l’environnement local.

La ville, nouvelle terre d’accueil ?

Si l’idée d’installer des abeilles sur le toit du conservatoire peut paraître saugrenue, elle ne l’est pas, comme en témoignent des expériences similaires, sur celui du théâtre du Merlan à Marseille, du Grand Palais à Paris, ou encore en haut des tours de la Défense, en Île-de-France. D’un côté, on constate une diminution inquiétante des colonies d’abeilles dans les campagnes, menacées par les engrais et pesticides. À cela s’ajoute une perte de la biodiversité, liée notamment à la monoculture. De l’autre côté, la ville affiche des températures plus clémentes et des périodes de floraison plus longues, grâce aux multiples espèces végétales qui y fleurissent toute l’année. Résultat, les abeilles ouvrières produiraient davantage de miel en zone urbaine, que rurale. En ville, le nectar présenterait des pollens de thym, de châtaignier ou encore d’acacia. Question pollution, l’abeille des villes profite aussi, depuis 2017, de la loi Labbé actant l’interdiction des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts.


La menace vespa valutina

Sur les 13 ruches installées il y a deux ans, aux quatre coins de la ville, seules les 2 ruches placées sur le toit du conservatoire sont encore en activité. Une hécatombe estimée à plus de 500 000 abeilles. Selon Vincent Ferrini, chargé de mission smart city à la Ville et qui pilote le projet, « la majeure partie de cette disparition provient des attaques de la Vespa velutina, le frelon asiatique ».


Abeille sauvage ou domestique ?


On connaît bien sûr l’abeille mellifère - Apis mellifera -, l’unique espèce domestiquée en Europe pour les produits de la ruche et l’apiculture. Et les abeilles sauvages alors ? Cotonnières, charpentières, cavicoles ou rubicoles, elles sont les vraies championnes de la pollinisation et il en existe près d’un millier d’espèces en France. Ces abeilles - aussi - sont cependant en déclin. Désimperméabiliser les sols, stopper l’utilisation des pesticides, favoriser la plantation de plantes mellifères en ville, dans le jardin, sur le balcon et limiter le nombre de ruches - pour éviter qu’abeilles domestiques et sauvages n’aient à partager les ressources en nectar des fleurs - font partie des solutions à entreprendre.