Opération rue Jean Dalmas

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Période(s) : Antiquité
Découverte(s) : Nouveau site

Les recherches archéologiques conduites dans l’ancienne propriété des Petites Sœurs des Pauvres et dans la rue Jean-Dalmas ont livrer de précieuses indications sur l’histoire antique d’Aix.

Elles montrent que dans le courant du Haut Empire (Ier-IIIe s. apr. J.-C.), la fortification antique (qui doit normalement se trouver sous l’actuelle Jean-Dalmas), était bordée, extra muros, par une voie matérialisée par une succession de niveaux de chaussée en cailloutis. Il est encore trop tôt pour dire si cette route correspond au tronçon de la voie aurélienne qui repartait en direction d’Arles ou si c’était une simple voie de contournement de la ville. Bordée par un mur à l’ouest, elle longeait des terrains vraisemblablement mis en culture, mais la découverte en remploi d’éléments funéraires indique qu’une nécropole devait se développer à proximité de la zone explorée.
Entre la muraille et la chaussée se sont lentement constitués des dépotoirs qui livrent d’abondants vestiges de faune (ossements et coquillages) et de la céramique qui fournissent de précieuses informations sur les habitudes alimentaires en vigueur entre le Haut-Empire et l’Antiquité tardive (IVe-VIe s.).
Utilisée et reconstruite durant plusieurs siècles, cette voie a fini par être abandonnée dans le courant du Moyen Age, soit à une période où la ville des Tours, qui constituait, avec le bourg Saint-Sauveur et la ville comtale, l’un des trois noyaux de la ville médiévale, se développait à l’emplacement de l’enclos de la Seds.
Sur son emprise, a été érigée une puissante construction qui semble avoir délimité une aire d’ensilage ; les deux murs mis au jour enserrent, en effet, 17 silos de grand gabarit dans lesquels devaient être conservées des céréales, suivant un usage très fréquent à cette époque. Il est pour l’heure difficile de dire si cette construction correspond à un bâtiment de stockage ou si elle fait partie du système défensif de la ville des Tours comme pourrait le laisser penser la puissance de ses maçonneries. Dans ce dernier cas, elle constituerait le premier témoignage de la limite urbaine de ce bourg qui était jusqu’à présent essentiellement restituée à partir de textes anciens.
D’autres aménagements ont par la suite pris place au sein de cette construction, abolissant à leur tour sa fonction de réserve : un mur y a compartimenté l’espace intérieur, un bassin y a été construit, ainsi qu’un puits qui a livré plusieurs cruches datées du XIVe siècle.