Opération Cathédrale St Sauveur

Archéologie préventive

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Période(s) : Antiquité - Époque contemporaine
Découverte(s) : Construction au fil des siècles

Fenêtre d’étude ouverte aux abords immédiats des extensions gothiques de la Cathédrale Saint-Sauveur, dans un quartier qui, depuis l’Antiquité est fortement structuré par ce bâti monumental public (forum, basilique civile, puis groupe épiscopal).

Etude topographique
Un important décaissement du sol, lors de la construction de Saint-Lazare, a totalement occulté les niveaux d’occupation depuis le IIe s. de notre ère jusqu’à la fin du XVIIe s. De ce fait les aménagements modernes liés à cette chapelle latérale se trouvent directement en contact avec les niveaux du Haut Empire.

Construction au fil des siècles
Au changement d’ère, le site accueille des activités de forge
Courant du Ier s : construction d’un égout de grand gabarit sur une longueur de 7 m. (couverture de dalles, collecteur voûté et conduit barré par un muret.)
Au Moyen Age la chapelle de l’archevêque Olivier de Pennart, vient s’adossée au flanc de la nef romane
Dans le deuxième tiers du XVe s. cette maçonnerie de moellons construite avec soin, a perforé les niveaux antiques jusqu’au sol naturel et remploie le tambour d’une colonne antique.
À la fin du XVIIe s cette chapelle est réunie à celle d’Armand de Narcès et au bras nord du transept gothique pour former la nef Notre-Dame de l’Espérance.
C’est sur ce bas-côté que sont successivement élevées, entre 1694 et 1705, trois nouvelles chapelles latérales nord, dédiées à Saint-Maximin (à l’est), Saint-Lazare (à l’ouest) et Saint-Joseph (au centre). Destinée à la confrérie des Âmes du Purgatoire, la chapelle Saint-Lazare se développe sur un plan proche du carré, dégage un espace intérieur d’environ 36 m².
La construction de Saint-Lazare a été rapidement suivie par la création, au sud, de deux caveaux funéraires en appui contre le mur gothique. Ces pièces voûtées et souterraines avaient chacune un accès sommital fermé par une dalle carrée. Seules les réductions des sépultures des chanoines de Saint-Sauveur Combes et Eymieu, déposées dans la première moitié du XIXe s. avant condamnation des caveaux, ont fait l’objet d’observations avant d’être ré-inhumées in-situ.
Le revêtement de sol en marbre de Carrare noir et blanc posé au XIXe s. a scellé l’ensemble de ces vestiges. À une époque indéterminée, un petit caveau mural a complété l’équipement initial de la chapelle St Lazare. Il s’agit d’une pièce voûtée, soigneusement construite contre le flanc oriental de la chapelle et accessible depuis cette dernière par une porte en plein-cintre. Le cénotaphe de Mgr de Bonnefoy en masquait totalement l’existence.

Programme de restauration de la chapelle Saint-Lazare
Trois sondages ont été effectués le long du mur gouttereau nord de la cathédrale. Le plus important inséré entre les chapelles latérales Saint-Joseph et Saint-Maximin et le bas-côté gothique, a livré près de 3,70 m de sédimentation archéologique depuis la fin du Ier siècle de notre-ère jusqu’au XVIIIe s. La période antique y est représentée par un mur correspondant à la façade d’un ilot limité par un cardo secondaire encore visible dans la cathédrale. Ici la chaussée romaine a été détruite par la création des chapelles modernes. Les dalles de revêtement au profil convexe caractéristique ont été réemployées dans la maçonnerie des fondations de la chapelle St Maximin. A partir du XIIe-XIIIe s., s’impose l’usage funéraire des abords de la cathédrale qui se maintient jusqu’au début du XVIIIe s. Au XIIIe s., la petite parcelle de ce cimetière se caractérise par des sépultures en coffrage de dalles et quelques fosses. Les nourrissons y sont surreprésentés (9 inhumations sur 12), signalant peut-être, en marge du cimetière consacré, le secteur réservé aux enfants morts avant d’avoir pu être baptisés. Ce cimetière considérablement réduit par l’emprise des chapelles Saint-Lazare, Saint-Joseph et Saint-Maximin, fut désaffecté peu après sa construction.