Opération 10 avenue de Lattre de Tassigny

Archéologie préventive

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Période(s) : Antiquité à l’époque moderne
Découverte(s) : Une aire urbanisée depuis l’antiquité.

Motivé par le projet de construction d’un immeuble, le diagnostic réalisé au n°10, avenue
De-Lattre-de-Tassigny a confirmé les données issues des recherches conduites sur le site de la Seds, limitrophe au sud.
Il a en effet mis en évidence l’extension, au nord du théâtre antique, de la zone occupée durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Age et souligné la densité de l’occupation.
Peu nombreux, les vestiges du Haut Empire ont payé un lourd tribut aux réaménagements postérieurs difficiles à caractériser, ils respectent toutefois la trame urbaine prévalant partout ailleurs dans l’aire urbanisée à cette époque. La majorité des constructions et des sols mis au jour datent de l’Antiquité tardive, confirmant l’importance de l’occupation de ce quartier occidental de la ville durant cette période. Surtout les vestiges ont mis en relief l’évolution de la trame urbaine du Haut Empire, marquée par une série de décalages qui se sont accrus avec le temps.

Alors que les premières constructions de l’Antiquité tardive (IVe s.) restent conformes à l’urbanisme d’âge impérial, les constructions postérieures apparaissent légèrement divergentes tributaires de la courtine occidentale de la ville romaine qui a continué de marquer les limites urbaines et avait aussi, sans doute, imposé sa direction aux vestiges reconnus entre elle et le théâtre. La partie sud du site a été utilisée comme dépotoir et l’installation concomitante de niveaux de circulation entre la fin du IVe s. et le début du VIe s. témoigne de la vitalité de l’occupation dans ce secteur. Le site a livré les indices tenus d’une fréquentation assez pérenne, entre le Ve s. et le courant du Xe s. notamment un mur lié à des sols dont l’orientation est sensiblement divergente de celles des structures antérieures. Toutes proportions gardées, l’occupation semble donc y avoir été aussi continue que sur les parcelles plus méridionales.

A l’instar de ce qui a été constaté sur le site de la Seds, ce sont les vestiges du Moyen Age qui sont le moins présents et les plus difficiles à caractériser. Pour cette période, la découverte notable est celle du chemin qui bordait l’ancienne chapelle Sainte Croix dont le tracé incurvé découle de la présence sous-jacente du théâtre. Attesté sur les plans du XVIIIes., il correspond manifestement à un axe de circulation médiéval, qui se serait maintenu après l’abandon de la ville des Tours, dans la seconde moitié du XIVe s.attestée pour d’autres axes de circulation comme :
la rue Célony et la rue de la Molle, qui correspondent au tracé de probables voies secondaires, ou encore le cours des Minimes, qui correspond à celui du decumanus maximus reconnu sous la voie en 1970.
Le tracé de ce chemin a imposé celui du parcellaire contemporain, ainsi que le montre le recalage des vestiges sur les cadastres napoléonien et actuel, témoignant une fois de plus du poids de l’héritage antique sur la trame de la ville contemporaine. Les données relatives à la période moderne confirment la mise en culture des terrains après l’occupation médiévale, perceptible au travers de plusieurs sols et de quelques menues traces agraires