La bravade calendale

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Festivité séculaire, la bravade est aujourd’hui « le » rendez-vous de la musique et de la danse provençales des fêtes de fin d’année.

Les bravades remonteraient au XIIIème siècle, vers 1256, instituées par Charles 1er d’Anjou, Comte de Provence, de retour de Croisade avec son frère Saint Louis. Ces fêtes, à la fois religieuses et militaires, consistaient en un tir aux pigeons agrémenté de processions composées de bourgeois, du corps municipal, etc.

Les Provençaux ont toujours eu le goût de la fête et un penchant pour "l’estrambord" (le faste, le bruit, le paraître en dehors de leur vie privée), signe de manifestation de leur hospitalité. Ils ont donc conservé le souvenir et les fastes de ces réjouissances qui associaient procession, musique, jeux et danses.
Comme le précise si bien Frédéric Mistral dans Lou Trésor dòu Felibrige, « la Bravado consiste en des décharges de mousqueterie qu’on fait solennellement un jour de fête ». Donc, pas de bravade sans tromblon ! Le tromblon, aussi appelé espingole ou mousqueton, est une arme à feu que l’on charge par la bouche et dont le canon, en forme d’entonnoir, n’est pas conçu pour augmenter la précision et la portée de l’arme, mais sert à tirer des projectiles multiples ou grenaille à courte portée.

La bravade dite calendale a été créée dans les années 1970, à partir de traditions aixoises remontant au XVIIIème siècle ; puis, un temps abandonnée, elle a repris vie en 2004. Elle n’a pas, contrairement à celles de Fréjus ou de Saint-Tropez, de racines franchement évidentes. Elle est avant tout un attrait festif et touristique.

La bravade calendale marque le solstice d’hiver (Saint-Jean l’évangéliste), jour de la nuit la plus longue. Très proche de la fête de Noël, la Saint-Jean d’hiver célèbre à grand renfort de musique et de danse le passage à l’année nouvelle. Cette manifestation rappelle également la coutume de l’offrande : autrefois, le jour de Noël, des groupes de musiciens faisaient le tour des notables de la ville en leur offrant, sur un air de musique, la pompe à l’huile – dessert traditionnel à base d’huile d’olive et de fleur d’oranger - dont les Provençaux sont si friands.

Composée de deux moments forts, la journée débute vers 10h par une série de défilés qui convergent vers la place de l’Hôtel de Ville où la pompe de Noël est offerte aux autorités de la Ville. C’est en début d’après-midi, sur le cours Mirabeau et la place du Général de Gaulle, que se déroule la bravade proprement dite.
La manifestation se termine par une grande farandole "espetaclouso" (spectaculaire en provençal) où tous les groupes invitent le public à se joindre à eux en signe d’amitié, de fraternité et de paix.