Tournages : Aix en version originale

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Pour répondre au nombre croissant de demandes d’autorisation de tournages sur l’espace public, la Ville a renforcé son bureau cinéma, convaincue de l’intérêt d’accueillir des productions. Objectif : leur faciliter la vie.

Créé au début des années 2000 et renforcé en 2015, le bureau cinéma a pris ses quartiers dans les locaux du monument Sec, en plein cœur du centre-ville. Ce service public est devenu la porte d’entrée du territoire pour tous les professionnels de la filière audiovisuelle. Une personne dédiée assure désormais toute la logistique, afin de livrer du clé en main aux productions. « On les accueille, on les aide sur le plan logistique, les questions d’organisation, je repère des lieux susceptibles de les intéresser » détaille Nathalie Ballatore, en charge du bureau cinéma. « Je cherche également des hébergements, les accompagne sur les demandes d’autorisation de circulation et de stationnement, bref l’objectif est de leur simplifier la tâche, pour qu’il ne leur reste plus qu’à faire ce pour quoi ils sont là, tourner ».
À l’heure du numérique, l’accès au bureau cinéma se fait également en ligne, où il est possible d’effectuer toutes les démarches administratives. Le site recense par ailleurs, tel un catalogue consultable à distance, toute une série de décors plus ou moins emblématiques de la ville. Les réalisateurs ont ainsi la possibilité de faire un premier repérage avant de se déplacer.
Depuis plusieurs années, la Ville met à disposition des productions des lieux inoccupés, comme par exemple les locaux de l’ancien Centre de formation des apprentis du Jas de Bouffan, leur permettant d’accueillir les bureaux, la régie, les ateliers décoration ou de stocker du matériel. Un atout supplémentaire, très apprécié des équipes de tournage.
Entre son centre-ville historique et son arrière-pays, constitué de vignes et de garrigues, ses charmants villages anciens et ses nouveaux quartiers à l’architecture contemporaine, Aix-en-Provence attire la fabrique du cinéma et de l’audiovisuel. Pour promouvoir le territoire, des repères tours sont organisés. Les producteurs, réalisateurs sont invités à découvrir par eux-mêmes les atouts aixois et les lieux potentiels de tournages. Le dernier s’est déroulé en juin 2020, à Aix mais aussi à Marseille et Martigues, les trois villes entendant capitaliser sur leurs complémentarités.
L’impulsion politique autour du cinéma s’est encore renforcée depuis l’élection de Sophie Joissains puisque le maire d’Aix est aussi en charge de la culture et de l’attractivité à la Région. La commission du film, qui anime le réseau des différents bureaux d’accueil des tournages, fait partie de ses délégations.

Commerce, emploi, tourisme, le poids des retombées économiques

65 000 €


C’est le montant des retombées économiques générées par deux jours de tournage d’une publicité Amazon, en janvier dernier.

Que ce soit pour un long ou un court-métrage, une publicité, une série TV, ou encore un documentaire, un tournage renforce l’activité économique locale, via notamment l’accueil des équipes (nuitées d’hôtel, restauration, transports). Sur le plan économique, les chiffres sont parlants, chaque euro investi par les collectivités locales dans un film, une publicité ou un documentaire génère 7,62 € de retombées locales directes, dont un euro pour le tourisme, estime le Centre national du cinéma et de l’image animée.

C’est ainsi qu’au mois de janvier, deux jours de tournage pour une publicité d’Amazon, ont engendré 65 000 euros de retombées économiques pour la commune, avec 139 nuitées, rien que pour l’hébergement. Accueillir un film, c’est aussi soutenir l’emploi des techniciens, intermittents et figurants locaux. En 2016, le casting du long métrage Cézanne et moi avait recueilli 1800 candidatures de figurants sur deux jours ; 150 avaient été retenues.
Véritable facilitateur, le bureau cinéma entend aussi proposer à l’avenir aux productions un répertoire clés en main regroupant tous les opérateurs locaux susceptibles de travailler avec elles (techniciens, comédiens, sociétés de sécurité, hôteliers…).
Sur le plan touristique, la diffusion des productions, en France mais aussi parfois à l’étranger, fait voyager l’image d’Aix. En convainquant potentiellement des touristes de s’y rendre ensuite.

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Des productions multipliées par 3

Si le nombre de jours de tournage n’a pas été beaucoup plus important en 2021 que les deux années précédentes, en revanche, le nombre de productions a quasiment triplé. Et le phénomène devrait perdurer ; c’est l’une des conséquences de la crise sanitaire et de la difficulté de tourner à l’étranger. Les publicités sont les premières concernées. Depuis deux ans, Allianz, Renault, La Poste ou Crédit agricole ont tourné à Aix.
Côté films, rien qu’en 2021, la ville a accueilli trois longs métrages, La nuit mange le jour, Houria et Un petit miracle. Et les séries ne sont pas en reste, certaines y ont même pris leurs habitudes. La stagiaire, fiction à succès diffusée sur France 3, pose ainsi ses caméras dans la cité du Roi René depuis 2015.

Depuis 2020, la Ville met à disposition des productions des locaux dans l’ancien CFA du Jas de Bouffan.

Du hussard sur le toit à retour chez ma mère

Quand on parle de tournage de film à Aix-en-Provence, on pense immédiatement au Hussard sur le toit, de Jean-Paul Rappeneau, en 1995, mais saviez vous, pour n’en citer que quelques-uns, que La sirène du Mississipi de François Truffaut avec notamment Jean-Paul Belmondo et Catherine Deneuve, Un balcon sur la mer de Nicole Garcia, avec Jean-Dujardin et Sandrine Kimberlain ou encore, plus récemment Retour chez ma mère d’Eric Lavaine avec Alexandra Lamy, Josiane Balasko et Mathilde Seigner, ont également été tournés à Aix.


Tous les métiers du cinéma

Les tournages drainent avec eux une foule de métiers dont le spectateur n’a souvent pas conscience. Du directeur de production, qui gère le budget, au responsable des plantes ou des costumes : il y a de quoi faire. Pour la partie réalisation, on connaît le scénariste, le réalisateur ou le metteur en scène. Mais il y a aussi le chef opérateur, qui s’occupe de l’image, à ne pas confondre avec le responsable de la photo. Il s’appuie sur un chef électricien et un chef machino, car oui, il y a beaucoup de matériel. Et puis il y a les responsables des castings, les comédiens d’un côté, les figurants de l’autre. La décoration est aussi essentielle. La partie post-production s’est par ailleurs largement développée, avec tous les effets spéciaux. Des nouvelles technologies qui ne remplacent pas pour autant le menuisier toupilleur, le serrurier, le patineur de meubles, le coiffeur ou le perruquier. Et encore, cette liste n’est pas exhaustive.