Le théâtre nô, au coeur des échanges diplomatiques et culturels

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Hier matin, le maire d’Aix-en-Provence Sophie Joissains a échangé pendant près d’une heure en vision conférence avec Kazufumi Onishi maire de Kumamoto, ville partenaire d’Aix-en-Provence, en présence de Karima Zerkani Raynal, élue en charge des Relations internationales. Les deux maires ont notamment évoqué les projets qui lient les deux villes et le partenariat dynamique qui fêtera ses 10 ans en 2023.

Sophie Joissains a ensuite reçu en mairie les 16 membres de la troupe de théâtre nô de Maître Ryoichi Kano (fils de Maître Tanshu Kano, donateur du théâtre nô à la ville d’Aix), venus spécialement de Kumamoto pour deux soirées exceptionnelles de représentations.

Le théâtre nô, installé aujourd’hui au parc Saint-Mitre au cœur d’un jardin japonais de 6 500 m², est à l’origine de la relation entre Aix-en-Provence et Kumamoto. Il a été offert en 1992 à la Ville par la famille Kano, dynastie réputée de l’art ancestral du Nô. Ce monument particulier constitue une exception mondiale car il est la seule scène de théâtre nô en bois de cyprès du Japon (hinoki), originale, construite et utilisée au pays du Soleil-Levant, qui soit en dehors de l’archipel.

Les représentations de théâtre nô sont d’ailleurs très rares en France. Les dernières dans l’Hexagone datent de 2015... à Aix-en-Provence.

Marquant ainsi un événement dans ce mois de septembre aux couleurs japonaises, la troupe de théâtre nô de Maître Ryoichi Kano sera sur le butaï (la scène) les :
9 et 10 septembre au parc Saint-Mitre de 19h30 à 21h30 (entrée libre)

La troupe interprétera quatre pièces aux thèmes variés, de la danse miraculeuse dune divinité shintô aux récits de guerre d’un samouraï mort au combat. Ces danses et performances instrumentales du nô ont pour but d’apporter prospérité et bonheur, en présentant des pièces dont la tradition est préservée depuis leur création au XIVe siècle.

En parallèle, les comédiens japonais animeront aussi sur le butaï, les 8, 9 et 10 septembre en matinée, un stage organisé par le théâtre orléanais de l’Éventail pour initier des professionnels des arts du spectacle au théâtre nô. Travail sur la danse, le chant et les instruments de musique.

Une forme de théâtre ancestrale

Le théâtre nô puise sa source dans les formes les plus anciennes du théâtre japonais, durant l’Antiquité. Après plusieurs évolutions, cette forme théâtrale est codifiée au XVe siècle et impose désormais des règles strictes pour les kimonos, les masques (il en existe 138 différents, sculptés en bois de cyprès, puis peints et laqués), la musique, la scène.
Le théâtre Nô, joué uniquement par des hommes, devient un art raffiné destiné à l’élite militaire et politique du Japon. Les acteurs jouent des drames lyriques au style dépouillé, alliant des chroniques en vers à des pantomimes dansées. Ils sont accompagnés par quatre musiciens et un chœur, sur une scène aux caractéristiques tout autant codifiées. Elle mesure environ 6 mètres de côté, surplombée d’un toit traditionnel shintô soutenu par 5 piliers en bois. Une représentation simple et traditionnelle d’un pin japonais orne généralement le fond.