La question des grands livres

Bien qu’emblématiques de la bibliothèque, les grands livres ont désormais vocation à être démontés et déplacés. Les raisons sont à la fois techniques, réglementaires et architecturales. Explications.

Le projet de réhabilitation de la bibliothèque est venu interroger le devenir des « grands livres », issus de la réhabilitation de 1989. Leur vocation initiale était de cacher des locaux techniques, par ailleurs parfaitement indépendants. Un simple habillage en somme, témoin de l’ingéniosité des maîtres d’œuvre de l’époque. Raison pour laquelle ils n’ont pas été réalisés en « dur », mais avec de simples tôles métalliques non étanches à l’air et à l’eau, aujourd’hui très abîmées.

Les locaux techniques concernés ne sont par ailleurs plus adaptés aux besoins et à la réglementation actuels, et doivent de fait être démontés. Les équipements techniques qui s’y trouvent nécessitent aujourd’hui de plus grands locaux. Des aménagements doivent aussi permettre de rationaliser les installations et faciliter les interventions de maintenance. Le repositionnement des locaux techniques dans le bâti de la Méjanes permet enfin de sécuriser ces installations sensibles.

La raison est également architecturale. Les grands livres avaient été imaginés et conçus, à la fois pour cacher les locaux techniques mais aussi comme des sculptures gigantesques signalant les deux entrées du site. La suppression de l’entrée sud-ouest et le repositionnement de l’entrée principale sur la rue des Allumettes remettent en cause cette fonction de signal.
Les livres agissent aujourd’hui comme un bouchon visuel et physique qui coupe le lien entre Grandes et Petites Allumettes. Or il s’agit bien de recréer du lien entre la bibliothèque et ses partenaires du Forum Culturel, en lui donnant davantage de lisibilité.

La mémoire des grands livres sera cependant conservée grâce à la réalisation d’une œuvre commandée à un artiste dans le cadre du 1 % artistique. Son rôle ? Créer un marqueur urbain signalant la nouvelle entrée de la bibliothèque et s’égrainant dans le quartier en forme de parcours jusqu’à la nouvelle entrée. Un écho aux grands livres y sera suggéré. Quant aux habillages, ils devraient être déposés et conservés afin de les installer sur un autre site restant encore à définir.

1 % du montant des travaux hors taxes, soit environ 160 000 euros, est consacré à la réalisation d’une œuvre artistique, comme un marqueur urbain de la nouvelle bibliothèque. Dans le cadre d’une réhabilitation de bâtiment existant, ce dispositif n’est pas obligatoire.