La mémoire des étoiles - Exposition d’Amélie Bouvier

©Adriaan Hauwaert

Cette exposition d’Amélie Bouvier, proposée par Chroniques dans le cadre de sa Biennale des Imaginaires Numériques, se pose comme une exploration de la distance qui nous sépare des étoiles, jouant avec les mythes et les récits qui façonnent nos conceptions de la réalité et notre rapport au cosmos.

Inspirées par la collection de plaques de verres photographiques de l’Archive Astronomique de Harvard aux États-Unis, fond initié à la fin du XIXème siècle et toujours utilisé aujourd’hui à des fins scientifiques et historiques, les œuvres présentées traduisent la fragilité de notre héritage personnel et collectif, mais aussi celle de l’expérience humaine des astres et de l’espace.

L’exposition propose une réflexion sur les technologies utilisées pour étudier ce que les étoiles ont à nous dire, entre extraordinaires avancées scientifiques et démesure. Une manière de se pencher sur notre capacité à « mesurer les cieux et les ombres de la Terre ».

EIGHT MINUTES AGO
2 chaînes vidéo HD, 9’15’’
2019
L’installation vidéo se compose de deux écrans l’un à côté de l’autre. À droite, des images tirées ou inspirées de la collection de plaques de verre photographiques de l’ar­chive astronomique de Harvard sont accom­pagnées d’enregistrements sonores créés par la NASA d’après les planètes de notre système solaire et de bruitage des machines de l’archive de Harvard. À gauche, un texte défile. Un homme âgé de quatre-vingt-treize ans, partage ses souvenirs de jeunesse et de vieillissement. L’ensemble de l’oeuvre ex­prime ainsi le décalage et la fragilité de l’ex­périence humaine.

SERAPIS
Gouache, encre et gesso sur toile, acier
2021
Bouvier trace ici des formes à l’encre pigmen­tée sur des voiles de gesso et de gouache sur une toile brute. Suspendues à des supports en acier, les toiles prennent ainsi une quali­té translucide. Les formes abstraites visibles sont inspirées de plaques photographiques du ciel nocturne prises à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. À rebours d’une démarche scientifique, l’artiste s’est inté­ressée aux plaques trop endommagées pour être utiles à la recherche. L’oeuvre évoque alors la disparition des données et des sou­venirs perdus tout au long de l’Histoire.

QUADRIVIUM II
Neon, circuits électrique, bois, papier, phototransistors, moteur, câbles électriques
2021
Avec cette oeuvre, l’artiste fait une incursion dans la production de sons à partir du ciel nocturne. Le titre s’inspire du dernier volume de l’ouvrage Harmonice mundi (Harmonies du monde) publié par Johannes Kepler en 1619, dans lequel Kepler tente de saisir la musique divine des sphères en utilisant les principes du quadrivium de Boèce. Cette oeuvre consiste en un cylindre de papier qui tourne régulièrement à l’aide d’un petit mo­teur. Les étoiles sont des perforations au la­ser qui laissent passer la lumière d’un néon installée à l’intérieur. La lumière produit un son lorsqu’elle entre en contact avec des photorésistances placées sous le cylindre et connectées à un réseau électrique.

ASH LIGHT
Crayon et graphite sur papier,
2019
À l’Observatoire royal de Bruxelles, un dessin du Soleil est esquissé à la main chaque jour pour suivre la progression des taches solaires. S’inspirant de cette pratique scientifique quotidienne, Ash Light s’inspire de la mysté­rieuse surface à multiples facettes du Soleil, représentée ici par un élément rayonnant qui évoque à la fois le soleil et la lune. Ash Light (lumière cendrée en Français) est un terme astronomique désignant le faible éclairage causé par la lumière du soleil qui se reflète sur la surface d’une planète et sur la face sombre d’une lune en orbite.

BUT KEEP YOUR FEET ON THE GROUND
4 vidéos HD, env. 4’
2014-2016
Chaque vidéo de cette série (de 9 vidéos) joue avec différents objets de notre système solaire. Une paire de mains examine chaque globe et l’explore en le faisant rouler dans sa paume comme s’il s’agissait de petits objets contrôlables et manipulables par l’homme. Alors que chaque film s’ouvre sur une ima­gerie hyper-réaliste, la fantaisie s’insinue ra­pidement, entraînée par le malaise. Les films s’apparentent à des performances documen­taires, dans lesquelles chaque vidéo mêle fiction et réalité pour susciter l’humour, la maladresse et une réflexion sur notre propre relation avec le cosmos.
Amélie Bouvier vit et travaille à Bruxelles. Sa pratique se penche sur l’imagerie scien­tifique pour explorer notre rapport à la mé­moire culturelle et au patrimoine collectif. Elle s’intéresse particulièrement à l’astrono­mie comme paysage rempli de mythes et de narrations qui dévoilent nos contradictions socio-politiques et les incertitudes de notre savoir. Son travail est représenté par Harlan Levey Projects Bruxelles.

Commissariat  : Mathieu Vabre
Exposition en co-production avec le Musée des Tapisseries – Ville d’Aix-en-Provence

La Biennale des Imaginaires Numériques est le temps fort des arts et cultures numériques de la région Sud. En explorant les arts visuels, les arts sonores et le spectacle vivant, la Biennale s’intéresse à la présence et l’usage du digital et des nouvelles technologies dans l’art. Placée sous la thématique de la Nuit, cette édition met à l’honneur la Belgique (Wallonie - Bruxelles - Flandre) et donne la parole aux artistes nationaux et internationaux d’horizons différents.

Retrouvez le parcours d’expositions du 10 novembre 2022 au 22 janvier 2023, dans 15 lieux à Aix-en-Provence, Marseille et Avignon, et toute la programmation événementielle sur chroniques.org

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Décembre 2022

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