L’arbre, c’est le pied

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Après deux ans d’investigations, le projet Biorev-Aix livre ses premiers résultats. Les inventaires témoignent de la richesse de la flore des pieds d’arbres aixois, avec une part importante d’espèces méditerranéennes.

Près de 500 pieds d’arbres et 48 rues passés au crible

L’inventaire réalisé au printemps 2021 a permis d’identifier 137 espèces végétales différentes, dont 30% sont d’origine méditerranéenne.
Orge sauvage, laiteron maraîcher ou délicat, pissenlit, brome de Madrid, bourse à pasteur, avoine ou roquette jaune, « cette richesse spécifique apparaît supérieure à celle relevée dans d’autres villes, sur le même habitat, c’est-à-dire l’arbre, et le micro-habitat, celui du pied d’arbre » explique Valérie Montes, maître de conférences en écologie et qui participe au projet.
Ces résultats sont issus de la première campagne de relevés floristiques, autour de la végétation spontanée. Elle a été réalisée au printemps 2021, dans des rues peu végétalisées comme très végétalisées et dans des quartiers présentant des caractéristiques différentes. L’étude, qui compile des données sur l’ensemble de la ville, vient confirmer l’importance du pied d’arbre pour le développement de la flore et de la faune en ville.

Planter le bon arbre au bon endroit

Mais le projet BioRev-Aix va au-delà du simple inventaire. Un outil d’aide à la décision, compilant mathématique et informatique, a aussi été modélisé. Cet instrument - via la théorie des graphes - permet aujourd’hui à la commune de déterminer des lieux où la plantation d’arbres améliorerait les connectivités écologiques. Autrement dit le déplacement de la faune et la présence de micro-organismes et de plantes.

D’autres lieux vont être étudiés, avec là encore des contextes différents, tenant à l’exposition ou à la situation géographique.
Après l’analyse de la végétalisation spontanée, 2022 marque aussi le début des relevés de la malacofaune, c’est-à-dire les escargots. Très lents, ils présentent l’avantage de rester autour de l’objet de l’étude, le pied d’arbre.
Réunissant des écologues, des géographes et des urbanistes de quatre laboratoires d’ Aix-Marseille Université (IMBE, LIEU, LPED, Telemme), le projet BioRev-Aix s’interroge sur la capacité du réseau viaire aixois, les rues et les voies urbaines, à favoriser la biodiversité. L’urbanisme ne serait pas donc nécessairement l’ennemi de l’écologie. L’étude s’achèvera en fin d’année prochaine, avec des résultats connus dans la foulée.


Végétaliser : des gains pour tout le monde

Bénéfiques pour l’arbre, son écosystème et ainsi le cadre de vie du citadin, les plantations aux pieds des arbres cumulent les atouts. Végétaliser peut améliorer la qualité et la porosité du sol. Plus fertile, il infiltre et stocke mieux les eaux de pluie nécessaires au développement de l’arbre.
Les végétaux attirent aussi des pollinisateurs et des espèces susceptibles de protéger l’arbre contre des ravageurs. Cerise sur le gâteau, avec moins d’entretien, de désherbage, le gain pour la collectivité est par ailleurs économique. Même si les pieds d’arbres ont des prédateurs - piétinement, roues des voitures, sel de déneigement ou pollution - la Ville entend désormais favoriser leur présence.