Une forêt urbaine pour faire baisser la température

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Dans le cadre d’un projet international, 400 arbres devraient être plantés sur un site dédié, avec à la clé des gains environnementaux et de santé publique

Pollution à l’ozone et au dioxyde d’azote, îlots de chaleur, les villes font face à un défi environnemental majeur.

Lors de la canicule de 2019, l’écart de température entre le centre d’Aix - situé dans une « cuvette » - et ses zones rurales a atteint 3,5°.

Aix a été choisie, au même titre que Florence en Italie, afin de tester les réponses apportées par le projet Airfresh, labellisé par l’Europe cette année.

Le principe : planter 400 arbres au même endroit, sur une surface d’un hectare, et quantifier précisément l’ensemble des bénéfices, à l’aide de capteurs notamment. Pas simple de trouver l’endroit idoine en milieu urbain mais le site devrait être connu très prochainement, pour une plantation prévue entre 2021 et 2022.

Entre temps, une étude permettra d’établir une liste des espèces appropriées en fonction de nombreux critères, comme le développement des arbres, les conditions
environnementales, l’entretien, l’existence de ravageurs et de maladies, ou encore les allergies et la toxicité.

L’ensemble des données collectées servira d’ailleurs de boussole à la direction des espaces verts de la Ville, à l’occasion des campagnes de plantations chaque année.

Un enjeu de santé publique

Réduction des polluants atmosphériques, séquestration du carbone, régulation de la température de l’air ou limitation du ruissellement urbain, la végétalisation en ville fait beaucoup de bien en matière d’écologie.

La comparaison des test réalisés avant la plantation et après - des campagnes sont programmées en 2023 et 2024 - permettra d’ailleurs de le mesurer de manière chiffrée. Les résultats attendus sont éloquents : la zone reboisée doit éliminer annuellement autour de 3 tonnes d’O3 (ozone), soit 24 tonnes d’ici 2030, stocker plus de 2 tonnes de carbone, et faire baisser la température de 2° dans la zone.

Mais c’est aussi une affaire de santé publique, avec la progression constatée en France du nombre d’asthmatiques et d’hospitalisations pour des maladies cardiovasculaires et respiratoires.

L’étude préalable au projet Airfresh va même plus loin en évaluant les bénéfices
socio-économiques, avançant le chiffre de 173 000 euros économisés grâce à la zone reboisée, dû notamment aux soins de santé évités.

Conscients de ces enjeux les pouvoirs publics engagent désormais de vastes politiques de plantation. L’Europe ambitionne de planter 3 milliards d’arbres sur le territoire de l’Union d’ici 2030.