Un budget 2016 marqué par les baisses des dotations de l’Etat

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C’est un Gérard Bramoullé moins souriant qu’à l’accoutumée qui, au conseil municipal, a présenté le budget de la Ville. Le principal souci du premier adjoint, délégué aux finances : les baisses des ressources en provenance de l’Etat. L’exemple le plus marquant concerne la dotation globale de fonctionnement et la dotation de solidarité urbaine, passées, entre 2010 et 2016, de 26,7 M € à 14,3 M €, soit une perte de 12,4 M € pour les finances de la Ville.
Citons aussi :
→ les exonérations décidées par le Parlement, supportées par les communes mais non compensées par l’Etat ;
→ les dépenses supplémentaires liées aux décisions du gouvernement, telle la réforme des rythmes scolaires, qui coûte au contribuable aixois 2 M € par an ;
→ la perte de la dotation de solidarité urbaine, qui était auparavant de 1,5 M € ; ;
→ une pénalité de 1,1 M € que l’Etat a décidé d’infliger à la Ville pour non-respect du quota de logements sociaux, passé du jour au lendemain de 20 à 25 %, et que Gérard Bramoullé a qualifié de « racket sur les collectivités locales » ;
La Ville pourrait-elle emprunter pour renflouer ses caisses ? Non. Non seulement cela ne relèverait pas d’une gestion de « bon père de famille », mais surtout, la loi interdit de recourir à l’emprunt pour financer des dépenses de fonctionnement. Et de toute façon, l’encours de la dette est de près de 139 M € : la Ville se situe dans la moyenne acceptable, et n’a pas envie de déraper.
Les taux d’imposition, identiques depuis 1996, ne vont pas bouger. En revanche, pour la première fois depuis de longues années, la commune va réduire son effort d’investissement. Jusqu’à présent, la Ville considérait l’investissement comme le meilleur moyen de soutenir le tissu économique, surtout en période de crise économique ; mais du fait des difficultés actuelle, cette année, l’investissement ne pourra pas dépasser les 45 M € – contre près de 60 M € l’an dernier.
Quant au fonctionnement, la réponse à la crise qui, à travers l’Etat, commence à rattraper notre ville, tient en un mot : réduire. Réduire les dépenses de fonctionnement des services (de l’ordre de 3 M €), réduire la masse salariale (1 M €) en remplaçant un minimum de personnes partant à la retraite (1), réduire les subventions aux associations (1 M €, soit environ 10 % de baisse).

(1) Selon le journal « Les Echos », huit collectivités publiques sur dix prévoient de ne pas embaucher en 2017.