UNE NOUVELLE DECOUVERTE ARCHEOLOGIQUE A AIX

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UNE VILLA ROMAINE EN HAUT DU COURS DES MINIMES

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Notre ville possède un passé historique tellement riche que le moindre coup de pioche dans son sous-sol est susceptible de mettre au jour un vestige archéologique. C’est ce qui vient de se passer à quelques mètres du supermarché Casino, au tout début de l’avenue De-Lattre-de-Tassigny. Cet espace, identifié de longue date comme susceptible d’abriter des vestiges de l’époque romaine, se situe à deux pas du théâtre découvert au milieu des années 2000.

Dans le cadre d’un « diagnostic archéologique », c’est-à-dire de l’embryon de fouille, effectué préalablement à l’extension du supermarché, la Direction archéologique de la Ville d’Aix a découvert une maison romaine du IIe siècle de notre ère.

Quelle surprise pour les archéologues aixois ! Ils pensaient tomber sur le decumanus maximus, c’est-à-dire la voie principale qui partait vers l’Ouest, et que des fouilles antérieures, non loin de là, avaient mis au jour par le passé.

Eh bien non ! Le decumanus maximus n’est donc pas rectiligne.

La maison offre plusieurs aspects remarquables : d’abord, elle possède un impluvium, destiné à récupérer l’eau de pluie, et la conduire vers un bassin. En outre, les deux pièces dégagées ont conservé leur décoration murale – en morceaux certes, mais il sera possible de la reconstituer. Par ailleurs, la maison devrait offrir aux archéologues de précieux renseignements sur la hauteur des pièces, l’existence de niches ou d’ouvertures dans les murs.

Enfin, et comme cela se produit souvent sur les sites anciens, les époques se télescopent, ou plus exactement se superposent, lorsqu’un édifice a été bâti sur l’emplacement d’une construction plus ancienne : le diagnostic archéologique a permis la découverte de sépultures appartenant au cimetière du premier couvent des Carmes – de 1275 à 1350 – avant que les religieux de cet ordre ne s’installent à l’emplacement de l’actuelle rue Fabrot.

Que va-t-il se passer désormais ? Le diagnostic touche à sa fin ; la Direction archéologique a un mois pour rédiger le rapport des fouilles. En attendant, le chantier d’extension est gelé. L’Etat, à la lumière de ce rapport, et après avoir pris l’avis de la Commission inter-régionale de la recherche archéologique (CIRA), décidera s’il y a lieu ou non d’effectuer des fouilles. Selon toute vraisemblance, au vu des éléments découverts, une campagne de fouilles devrait être engagée. Elle sera à la charge de l’aménageur du site, autrement dit la société Casino.