Théâtre de l’Archevêché : des travaux en trois actes

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« Des murs lépreux, une fontaine qui naturellement ne coulait pas et un arbre qui s’élevait comme une main vers le ciel ». Voilà comment Gabriel Dussurget décrit la cour de l’Archevêché lorsqu’il la découvre. C’est ici qu’il créera son festival.

La Seconde Guerre mondiale est enfin terminée. Un renouveau culturel envahit la France. Comme un printemps lumineux après un hiver sombre, les festivals fleurissent. Cannes en 1946, Avignon en 1947, puis Aix en 1948. L’initiative appartient à Gabriel Dussurget, qui, après un essai concluant en 1947, lance avec quelques amis dont la comtesse Pastré et avec l’appui de la Société thermale, le Festival d’Aix. « La cour du palais de l’Archevêché [était] transformée en une sorte de... on ne peut même pas appeler cela une scène, c’était plutôt une estrade à cause du manque de place. On ne pouvait pas y chanter à plus de trois à la fois. Georges Wakhévitch avait simplement fait, en guise de fond de scène, une sorte de tente, décorée de quelques bouquets de fleurs. C’était exquis, mais improvisé. » se remémorait Edmonde Charles-Roux, proche de la famille Pastré qui participa à la fondation du festival.

1984, destruction, reconstruction

L’accueil enthousiaste du public encourage Gabriel Dussurget à persévérer. En 1949, le succès rencontré par « Don Giovanni » dans les décors créés par l’affichiste Cassandre apporte au jeune festival une audience internationale. Une autre mission est confiée à Cassandre, c’est le premier acte : édifier un théâtre visant à remplacer l’installation rudimentaire qui avait servi lors de la première édition. La cour à ciel ouvert de l’Archevêché reste le cœur du festival et le théâtre à l’italienne conçu par Cassandre en 1949 est utilisé jusqu’au départ de Gabriel Dussurget en 1972. Deuxième acte : arrivé en 1974, le directeur Bernard Lefort ne tarde pas à entamer des travaux d’envergure dans la cour de l’archevêché qui se voit entièrement réhabilitée puis inaugurée en 1985 par Jack Lang. « Ce théâtre permettra de maintenir Aix comme un des grands pôles internationaux de création lyrique » commente alors le ministre. L’architecte Bernard Guillaumot dote la scène de dimensions standard et de possibilités techniques accrues, favorisant ainsi l’accueil de spectacles et les coproductions. Dernier acte, Stéphane Lissner, qui dirige le Festival de 1997 à 2007, bénéficie de la rénovation complète du théâtre, inauguré en mai 1998. La fontaine ne coule toujours pas mais la scène de l’Archevêché continue d’irriguer la ville de ses opéras.