Saint-Valery-en-Caux se souvient de la générosité aixoise

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Les samedi 22 et dimanche 23 juillet prochains, une délégation de la Ville d’Aix se rendra en Normandie, dans la ville de Saint-Valery-en-Caux, en Seine-Maritime – à 30 km de Dieppe et de Fécamp et à environ 60 km au nord de Rouen. Elle sera emmenée par Gérard Deloche, l’élu délégué notamment aux affaires militaires et aux anciens combattants, et Arlette Ollivier, l’élue déléguée à la culture provençale, et comprendra une douzaine de membres du groupe provençal Lou Roudelet dei Mielo.
La délégation provençale sera invitée à découvrir, à la Maison Henri IV, une exposition intitulée : « 75ème anniversaire - Aix-en-Provence, marraine de guerre de Saint-Valery - 1942-2017 ».

L’histoire remonte au tout début de la guerre, du 10 au 12 juin 1940 précisément. Bousculées sur terre, les troupes franco-anglaises se replient à Saint-Valery-en-Caux afin d’embarquer pour l’Angleterre. Les Allemands tentent de s’opposer à cette manœuvre. Pendant trois jours, le village va être le théâtre d’un duel d’artillerie qui se terminera à l’avantage du général Rommel. A la fin des combats, son centre est détruit à près de 70 %.

Pour le reconstruire, l’année suivante, le préfet du département a l’idée de contacter sa ville natale, qui n’est autre qu’Aix-en-Provence. Il lui propose de devenir « marraine de guerre » de la Ville de Saint-Valery-en-Caux. La Mairie d’Aix accepte. Entre 1942 et la fin des années 1950, la ville d’Aix-en-Provence va recueillir des fonds avec l’organisation de nombreuses collectes qui serviront au financement d’une partie de la reconstruction de Saint-Valery-en-Caux et à l’achat d’une ambulance. Les deux villes vont entretenir de chaleureuses relations avec de nombreux échanges et rencontres lors de fêtes locales.

Soixante-quinze ans plus tard, cette commune d’un peu plus de 4 000 habitants et son maire, Dominique Chauvel, ont voulu rendre hommage à Aix-en-Provence. L’exposition, prévue jusqu’au 27 août, a été réalisée par la Mairie de Saint-Valery-en-Caux et l’association « Regards Cauchois ».

Déjà, après la guerre de 14...

Le parrainage de cette ville normande en 1942 rappelle un autre épisode du même genre, en faveur cette fois d’un village de l’Aisne dévasté par la guerre de 14-18 : Mons-en-Laonnois. Ses habitants, plus d’un an après la fin des combats, étaient encore démunis de tout.

En février 1920, le conseil municipal d’Aix, sous la présidence du maire Joseph Jourdan, se prononce pour « l’adoption », par la commune, de ce village de 350 âmes. Les élus aixois votent aussitôt, en faveur des habitants de Mons, « un premier secours de 10 000 francs pour soulager leur misère » – l’équivalent aujourd’hui de 15 000 €, une somme non négligeable pour une commune qui comptait alors 25 000 habitants.

Des commissions sont mises en place, l’une pour collecter et centraliser les dons en espèces – les premières souscriptions ont permis de récolter 1 500 francs – une autre pour les dons en nature, une autre pour les denrées alimentaires.
Le 19 juillet 1920, un wagon de 5 tonnes, mis à disposition par le ministère des Travaux publics pour le transport de dons en nature, part de la gare d’Aix, apporter son contenu chez sa filleule de guerre. Quelques mois plus tard, pour Noël, le Comité de secours envoie plusieurs colis de bonbons, nougats, jouets, « objets ou effets utiles » à destination des enfants. Dans le journal local de Mons, un témoin remercie les Aixois, « bienfaiteurs généreux qui leur firent passer un Noël dont ils se souviendront longtemps ».