Le Palais des Comtes de Provence sort de terre

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Depuis septembre 2016, les places des Prêcheurs, puis de Verdun, sont le théâtre de fouilles d’ « archéologie préventive ». Elles sont menées par la direction Archéologie de la Ville d’Aix qui, depuis 2006, est agréée pour réaliser ce type d’interventions. Pour Aix, l’agrément, lié à la compétence scientifique de ses agents, couvre l’Antiquité, la Protohistoire (période gauloise), et les périodes médiévale, moderne et contemporaine. Autant dire que les archéologues aixois sont qualifiés pour mener à bien les fouilles du début à la fin.

Au fur et à mesure de l’avancée des travaux des Trois places, de nouvelles découvertes du passé d’Aix sortent de terre. Actuellement, les fouilles archéologiques couvrent tout l’espace situé devant le palais de justice, dévoilant les fondations de l’ancien Palais Comtal, ainsi que des éléments de rues.

Que trouve-t-on ? « Ce qu’on est venu chercher, répond Nuria Nin, responsable de la direction Archéologie de la Ville d’Aix, à commencer par des traces de la porte sud-est, par laquelle la Voie Aurélienne entrait dans la ville ».

Des traces uniquement : les archéologues n’ont rien trouvé de cette porte, qui se trouve sous le palais de justice actuel et dont il ne doit pas rester grand chose. De la voie elle-même, située dans l’axe de la rue du Petit-Saint-Jean, aucune trace n’a encore été trouvée. « A l’entrée de la ville, la voie Aurélienne était dallée. Ses matériaux ont dû être récupérés pour servir à d’autres constructions. On retrouvera peut-être des traces de cette voie lorsque les fouilles s’approcheront de la rue du Petit-Saint-Jean, qui en a hérité le tracé ».

Évidemment, la plus grande partie des vestiges concerne le Palais Comtal, bâti à partir d’une forteresse, elle-même sans doute constituée à partir des deux tours romaines et du mausolée qui les devançait. Devant l’actuel palais de justice, les archéologues de la Ville ont mis au jour plusieurs caves, aux sols carrelés ou en terre battue et aux murs en pierre de taille ou en moellons.

A quelques pas de la rue Monclar, on découvre ainsi un sol couvert de carreaux de terre cuite et, 30 centimètres en dessous... un autre sol, sous forme de calade, c’est-à-dire d’un agencement de pierres. Sur l’une des pierres mises au jour dans les niveaux de démolition, un maçon a gravé la date de 1697.

Du côté du passage Agard, les archéologues ont aussi exhumé, à quelques mètres d’écart, la façade orientale du Palais Comtal et l’ancienne rue du Palais qui le séparait d’un îlot d’habitation dont quelques murs sortent de terre. Grâce aux recherches historiques de Jean-Paul Coste, on sait que l’immeuble en cours de dégagement « appartenait à un conseiller au Parlement de Provence, M. du Bourguet ».

Sur la façade sud du palais de justice, rue Monclar, voici un escalier en colimaçon, qui conduit vers deux espaces enterrés. L’un, au nord, a été détruit lors de la construction du palais de justice Verdun ; l’autre, au sud, disparaît sous la rue. On n’en voit une petite partie de son sol carrelé, ainsi qu’un puits de petite taille, encore pourvu de sa margelle.