Le CMA interviewe Arnaud Clément

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Trois jours après l’Open du Pays d’Aix, remporté cette année par le Brésilien Thiago Monteiro, retour sur cette belle manifestation sportive avec une interview d’Arnaud Clément réalisée par les jeunes élus du Conseil Municipal des Adolescents.

Lors de chaque mandat, les élus du Conseil Municipal des Adolescent (CMA) sont amenés à rencontrer des personnalités célèbres. Après avoir interrogé Sophie Marceau lors du mandat précédent, les élus du 12ème CMA ont porté leur choix sur Arnaud Clément. A l’occasion de l’Open du Pays d’Aix dont il est le directeur, l’Aixois a accordé une heure d’entretien aux représentants de la jeunesse de la commune. Impressionnés par la gentillesse et l’humilité de l’ancien numéro 10 mondial de tennis, les élus du CMA gardent un beau souvenir de cet entretien.

INTERVIEW

D’où vous vient cette passion pour le tennis ?
La première fois que j’ai joué au tennis, j’avais 7 ans, c’était avec mon frère. Cela m’a tout de suite plu. C’est vraiment une passion.

A quel moment avez-vous envisagé de faire du tennis votre métier ?
Je ne me suis jamais dit que j’allais devenir joueur de tennis professionnel. J’ai eu un parcours scolaire classique, au collège Sacré-Coeur puis au lycée Cézanne. Au tennis, je ne faisais pas partie des meilleurs de ma catégorie, même au niveau départemental. J’ai réussi à obtenir de mes parents de ne faire que du tennis pendant une année après le BAC. La condition à cela était que je ne redouble pas. Donc après la terminale, je jouais au tennis deux fois par jour. Et c’est à partir de ce moment-là que j’ai dépassé les meilleurs de la Région, puis les meilleurs sur le plan national de ma catégorie d’âge. J’ai progressé à grande vitesse. J’ai eu la chance que mes parents puissent me soutenir financièrement. Puis j’ai fini par gagner de l’argent avec le tennis.

Aviez-vous un modèle quand vous étiez jeune ?
Contrairement à beaucoup de jeunes, je n’ai jamais eu de modèle. C’est le jeu qui m’a donné envie de jouer.

Quel est le plus beau trophée de votre carrière ?
Sur un plan collectif, c’est la victoire en Coupe Davis en 2001 en Australie. Et paradoxalement, c’est un moment hyper fort alors que je n’ai même pas joué la finale. J’ai adoré partager cette victoire avec le staff et les autres joueurs de l’équipe de France.
Sur un plan personnel, mon plus beau trophée est ma victoire à l’Open 13 à Marseille en 2006. C’est un tournoi qui a toujours énormément compté pour moi. J’y ai joué mon premier match sur le circuit professionnel. A ce tournoi en 2006, j’ai joué certainement le meilleur tennis de ma carrière devant toute ma famille.

Justement, vous avez gagné Nadal en demi-finale de cet open 13 de Marseille en 2006 alors numéro 2 mondial. Si vous étiez coach d’un joueur qui affrontait Nadal, quels seraient vos conseils ?
La tactique à mettre en place pour battre Nadal, tout le monde la connait, mais ce qui est difficile, c’est de la mettre en pratique. Nadal est un joueur très complet. Il faut l’enfoncer côté coup droit, l’agresser, lui prendre du temps puis l’attaquer et si possible venir finir le point au filet. Le seul actuellement capable de mettre cela en pratique sur le circuit c’est Djokovic, grâce notamment à son magnifique revers à deux mains.

Quelle défaite vous a le plus marqué ?
Les défaites en coupe Davis sont difficiles, tu représentes ton pays, c’est en équipe, c’est une grosse responsabilité. J’ai en tête ma défaite face à Nadal qui m’a mis une grosse raclée alors que celui-ci n’était pas encore très très bien classé, et qui a permis la qualification de l’Espagne. Les coéquipiers, lors de ces défaites, t’apportent un grand soutien. Les victoires sont aussi plus belles en équipe.
Une autre défaite m’a également marqué, c’est au JO de Pékin en double avec Micka (Mickaël Llodra), on perd en demi-finale alors qu’on était à 2 points du match et donc à 2 points de la médaille.

Aviez-vous une bête noire sur le circuit ?
Oui, j’avais Lleton Hewitt contre qui j’ai perdu 7 fois de suite avant de finir par le gagner. Il y avait aussi James Blake et Tommy Hass.

Vous avez gagné Wimbledon en double avec Llodra en 2007, quels sentiments cela procure de gagner un grand Chelem ?
J’en suis très fier. En Angleterre, il y a le culte du double. Il y avait 10 000 spectateurs lors de notre finale face aux frères Bryan, numéro 1 mondial à l’époque. On n’écrit pas l’histoire de notre sport avec une victoire en double, mais on a notre petite ligne gravée à Wimbledon. C’était un très grand moment que j’ai partagé avec un bon copain.

Vous avez participé à la Coupe Davis en tant que joueur et entraineur/capitaine, quel rôle préférez-vous ?
Le rôle de joueur est plus simple. L’équipe de France, c’est tout un staff. Quand tu es joueur, tout le monde est à ton service pour que tu sois le plus performant possible le jour du match. Capitaine, on est de l’autre côté. Il y a beaucoup de choses à gérer, se projeter, bien préparer les joueurs... C’est beaucoup plus large et je suis fier d’avoir fait les deux.

Parmi les jeunes actuellement sur le circuit, quel joueur voyez-vous comme futur numéro 1 mondial ?
Ce n’est pas facile de détecter un futur champion car il faut aussi évaluer le mental du joueur. Par exemple, Hewitt n’était pas impressionnant physiquement mais il avait un gros mental. Alexander Zverev, joueur allemand de 19 ans, actuellement aux environ de la 50ème place mondiale, est considéré comme un futur grand. Maintenant, on grimpe moins vite que par le passé dans la hiérarchie mondiale, les caps sont plus longs à passer. En tout cas, la dimension mentale est primordiale.

Quelles ambitions avez-vous pour cet Open du Pays d’Aix-Trophée Caisse d’Epargne ?
Ma première ambition est que cet évènement soit pérenne, qu’il s’inscrive dans la durée. On a envie de grandir tranquillement et qu’il y ait de plus en plus de monde qui se déplace.

Si vous aviez un message à faire passer à la jeunesse, ce serait lequel ?
Je leur dirai que faire du sport c’est important. Le sport apporte un équilibre dans une vie, une certaine harmonie. Il faut chercher à s’éclater. Et prendre du plaisir dans le sport, c’est accessible à tous.