La chapelle du domaine du Grand-Saint-Jean

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Une histoire de plus de neuf siècles

Situé à 11 km au nord-ouest d’Aix-en-Provence, le domaine du Grand Saint-Jean est une vaste propriété agricole de 240 hectares, organisée autour du château édifié à la fin du XVIe siècle, et de ses dépendances. De la topographie médiévale du site, l’élément le plus tangible est la chapelle Saint-Jean-Baptiste connue par les textes depuis au moins 1118 : il s’agit du prieuré Saint-Jean-de-la-Sale qui relève de la grande abbaye arlésienne de Montmajour.

A été 2015, dans la continuité des sondages réalisés en 2014 aux abords de la chapelle, une étude a été conduite sur ses élévations. Elle a révélé l’origine romane de ce petit édifice, ses dispositions architecturales et ses multiples transformations au fil des siècles.

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Vue générale extérieure de la chapelle du Grand Saint-Jean

De la chapelle Saint-Jean-de-la-Sale de la fin du XIe siècle ou du début du XIIe siècle, seuls demeurent les murs latéraux. Ces maçonneries de moellons dessinent une nef d’au moins 7,30 m de long et de 4,10 m de large, qui devait se terminer, à l’est, par une abside. L’église était accessible par une grande porte en plein cintre percée au travers du mur sud. Sa nef était initialement charpentée et ce n’est qu’après le milieu du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle qu’une voûte est mise en place.
Pour porter cette voûte en berceau brisé, on construit alors, contre les murs précédents, quatre arcades à ressauts en pierre de taille. Ce dispositif a gardé les traces d’un décor de faux-joints peints (non daté).

Les travaux exécuté à la fin du Moyen Age, et surtout à la période moderne (XVIe-XVIIIe s.), ont ajouté de nouvelles fenêtres à cette chapelle, ainsi que des niches murales ; ils ont probablement modifié ses accès et créé à son angle sud-est une grand tour circulaire.

Au XIXe siècle ou au début du XXe siècle, la chapelle romane est entièrement chemisée dans de nouvelles maçonneries : ses murs latéraux nord et sud sont ainsi doublés par l’extérieur, le chevet est reconstruit sur un plan quadrangulaire, la porte d’entrée actuelle mise en place et deux tours de flanquement sont élevées de part et d’autre de cette porte.

Aujourd’hui, plus aucun caractère de son origine médiévale ne transparaît extérieurement et il faut pénétrer dans cet édifice pour en retrouver les élévations du premier âge roman.