L’oppidum d’Entremont, capitale de pierres

Publié dans Actualités - Explorer cette rubrique

L’oppidum d’Entremont est un site archéologique de 3,5 kilomètres du centre d’Aix-en-Provence, à l’extrémité sud du plateau de Puyricard. Entremont était dans l’Antiquité la capitale de la confédération des Celto-Ligures. Elle est habitée à partir de 180 av. J.C.

Mais, avec la prise de l’oppidum par les Romains, en 123 av. J.C., le plateau est abandonné et les populations viennent peupler la nouvelle ville romaine créee au pied du plateau : Aquae Sextiae Salluviorum. Vers 90 av. J.C., le site historique est par conséquent totalement inhabité. On distingue sur le plateau deux villes entourées de remparts." Ce premier habitat (dit " ville haute ") s’étend sur un hectare et se caractérise par un remarquable quadrillage qui s’inspire des modèles hellénistiques.
Les conditions d’habitation sont assez simples, la maison n’est composée que d’une pièce en moyenne de 12 mètres carré, rarement deux " explique Arthur Carlier, guide archéologue.
La " ville basse " consiste en un agrandissement du site. Les rues y sont plus larges, les maisons plus grandes comptant jusqu’à cinq pièces. " De cette période, il reste certains témoins d’installations oléicoles à Entremont, notamment avec une grande dalle à rainure circulaire, utilisée dans le pressoir à huile " poursuit le guide.

En lien avec le musée Granet

Ce n’est qu’à partir de 1945 que le site va vraiment faire l’objet de fouilles d’envergure. Fernand Benoit, directeur des Antiquités de Provence va donner à Entremont son titre de site archéologique. Pourquoi cet intérêt soudain ?
" En 1943, alors que la France est occuppée, les nazis investissent le site car sa hauteur offre une vision stratégique sur la ville. " Mais sur cette partie du plateau, il n’y a pas d’eau. Alors, il creusent pour enterrer une citerne. Ils découvrent alors un dépotoir composé de dizaines de fragments de statues que les Romains avaient détruites, " avec souvent des têtes coupées, fracassées ; des signes symboliques pour exprimer la victoire.

" L’essentiel des découvertes faites lors des fouilles est conservé au Musée Granet. On trouve de nombreux portraits de grands personnages de la ville, des princes, des dames salyennes représentées dans de superbes costumes. " Ces statues en calcaire sont aujourd’hui blanches, immaculées. Mais en réalité, elles étaient fortement colorées, le temps a simplement effacé les pigments. Mais il n’a pas effacé l’histoire " termine Arthur Carlier.