Gabriel Dussurget - Le Festival, l’oeuvre d’une vie

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Si le Festival bénéficie aujourd’hui d’un rayonnement international, c’est grâce à la passion que « le magicien d’Aix » a consacrée dans sa mise en œuvre.

« Le festival que Mozart attendait » : tels sont les mots du fondateur du Festival d’Aix, Gabriel Dussurget, pour décrire cette manifestation musicale qu’il voulait lieu d’échanges artistiques et intellectuels.
Son goût pour la création débute dès les années vingt alors qu’il fréquente le « Tout-Paris ». Son compagnon, Henri Lambert, l’accompagne dans l’improvisation de spectacles. Conjuguant amour et travail, ils donnent des concerts et organisent des parodies d’opéra, avec une admiration marquée pour les ballets russes.
Au cours d’un voyage à Salzbourg, Gabriel et Henri écoutent les opéras de Mozart, compositeur encore méconnu en France. De cette découverte naît une passion pour ses œuvres, qui marquera la vie de Gabriel Dussurget. Animés par une fièvre créatrice, Gabriel et son compagnon fondent en 1943 le Bureau des Concerts de Paris proposant un large répertoire de musiques anciennes et contemporaines.
Deux ans plus tard, la participation de Gabriel à la fondation des Ballets des Champs Elysées lui permet de rencontrer de nouveaux artistes.
Lors de l’après-guerre, il se voit offrir par M.Eudes, le propriétaire du Théâtre des Champs-Elysées, la programmation de la salle de spectacle. Sa « saison d’opéra italien » en version originale, rencontre un franc succès et confirme sa vocation pour la création artistique.

Un couple comme moteur

Le Festival d’Aix est alors le point culminant d’une vie riche d’échanges et de découvertes musicales. La rencontre avec la comtesse Lily Pastré lui permet de réaliser ce dont il a toujours rêvé : un festival dédié à Mozart. Alors que cette mécène souhaitait l’implantation d’un festival à Marseille, le coup de cœur de Gabriel et Henri pour la cour de l’Archevêché aboutit à l’installation du festival à Aix-en- Provence. La nièce de Gabriel, Kathleen Fonmarty- Dussurget, raconte aujourd’hui que la beauté de la ville lui serait apparue comme un « signe des dieux ».

Le couple débute la programmation par un Cosi fan tutte, monté avec des moyens précaires dans le lieu qui paraissait abandonné. Face à la réussite du spectacle, le Casino Aix- Thermal choisit de soutenir le Festival, permettant alors la conception des décors, des costumes et du théâtre. Gabriel Dussurget a réussi son pari : soixante-dix ans plus tard, la renommée du Festival considéré aujourd’hui comme l’un des quatre foyers lyriques dans le monde, se fait le reflet de sa conviction et de son admiration pour la musique.
Quant à sa relation avec Henri Lambert, voici ce qu’en écrivait Gabriel Dussurget dans ses mémoires : « Je ne veux pas dire [...] qu’aux yeux du monde mon existence comptera, mais grâce à mon ami Henri Lambert, j’aurai été, je veux dire nous aurons été, des passants à avoir eu leur importance. »

Crédit photo logo : Archives Kathleen Fonmarty-Dussuget - DR