Deux sépultures gauloises à Bigaron

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Au sud de la commune d’Aix-en-Provence, au lieu-dit de Bigaron, le projet d’extension de la maison d’arrêt de Luynes, par le ministère de la Justice, a suscité à l’automne dernier la réalisation d’un diagnostic archéologique suivant la procédure en vigueur de l’archéologie préventive.

Conduite par la direction Archéologie de la Ville d’Aix-en-Provence, sous la responsabilité d’Aurélie Bouquet, l’opération s’est révélée très fructueuse. En effet, un ensemble funéraire daté du VIe siècle avant J-C (fin du premier Age du fer) et en parfait état de conservation, a été mis au jour. Il s’agit de deux sépultures à incinération se présentant sous la forme de fosses.

C’est une découverte particulièrement exceptionnelle pour deux raisons : ce type de
vestiges, datant de cette période, est rare dans la région de Provence et par ailleurs,
l’ensemble d’objets en bronze retrouvé est remarquable en qualité et surtout en nombre (bracelets, anneaux...).
Les sépultures (d’environ 1 m de long pour 0,50 m de large et 0,70 m de profondeur) ont été comblées avec les résidus des bûchers, déposés en vrac. L’une d’elles était scellée par des pierres et encadrée de bornes de calcaire qui formaient un enclos.

Avec les ossements humains brûlés, les archéologues ont trouvé des objets personnels du défunt. Ceux-ci sont d’une extrême richesse : quatre vases, des bijoux, notamment des anneaux en argent (probablement des bagues), mais aussi en bronze tels des fibules (sorte d’agrafe servant à fixer les extrémités d’un vêtement et considérée comme l’ancêtre de l’épingle de sûreté), des torques (colliers portés par les celtes au cours de l’Antiquité), des brassards d’armille et surtout d’imposants bracelets de chevilles qui, malgré le feu du bûcher et les aléas du temps, conservent leurs décorations ciselées. L’équipe d’archéologues en a trouvé près de 16 dans une seule sépulture ; cette collection métallique hors normes souligne l’importance du défunt. Ont même été retrouvés des restes d’offrandes alimentaires au travers de graines et résidus de céréales.

A ce jour, toutes ces découvertes sont soigneusement étudiées par les archéologues dans les locaux de la Direction Archéologie. Leur étude permettra de poursuivre l’analyse sociétale de nos ancêtres et de restituer certains rites funéraires de cette période. A Bigaron, on a pu comprendre que les défunts étaient brûlés sur un bûcher individuel, sans doute parés de leurs vêtements et de leurs bijoux personnels, puis après la crémation, leurs ossements déposés en vrac, avec leurs objets personnels, dans des fosses sépulcrales.

Cette opération à Luynes s’est bien sûr déroulée sur un périmètre défini. A savoir maintenant si d’autres sépultures existent dans ce secteur ? … Nous le saurons peut-être si l’Etat décide de mener une nouvelle opération de fouilles préventives.