Au départ, cela devait être une réunion publique d’information, souhaitée par Maryse Joissains Masini, en sa qualité de président de la Communauté du Pays d’Aix – puisque c’est la CPA qui est en charge des transports – destinée à présenter aux habitants du centre-ville le nouveau réseau « Aix en bus », si décrié depuis deux mois. Une réunion qui, dans une salle des Etats de Provence bondée, promettait d’être houleuse.
D’entrée, Maryse Joissains Masini a mis en avant sa bonne foi : « Je connais peu d’élus qui viendraient s’exposer à un mécontentement certain (…) Je suis là pour qu’on avance : j’ai l’habitude de prendre mes responsabilités ».
Le public pensait entendre une défense du réseau lancé le 9 juillet dernier. Eh bien non : « J’ai décidé, a affirmé le président de la CPA, de revenir au système antérieur, pour les lignes, leurs horaires et leurs numéros ». Cette décision prendra effet « le 20 octobre, dernier délai : c’est la feuille de route que je donne ».
Il ne s’agira pas d’un simple retour en arrière : chaque ligne sera étudiée afin de voir comment l’améliorer. Cette étude se fera « dans la durée, et sans perturber l’existant ». Seront examinées prioritairement « les lignes scolaires et celles qui desservent l’hôpital ».
La salle balançait entre les applaudissements, pour la décision prise, et les huées. « Nous avons fait une erreur, a reconnu Maryse Joissains Masini. Vous ne vous êtes jamais trompés de votre vie ? J’assume quand il y a des erreurs dans ma ville et sur ma communauté d’agglomérations. J’assume, même si je ne suis pas responsable ». Dans cette réunion, elle était accompagnée notamment de Jean Chorro, délégué aux transports à la CPA, et de Emmanuel Colin, le directeur de l’antenne aixoise de la société Kéolis, gestionnaire du service public des transports.
Maryse Joissains Masini est, par ailleurs, revenue sur la génèse du changement de réseau : la délégation de service public relative aux transports était arrivée à expiration, et il a fallu relancer un appel d’offre européen. Sur les trois candidats, la commission d’appel d’offre a retenu la société Kéolis, la délégation de service public ayant été négociée par Jean Chorro et Jean-Louis Canal, tous deux élus de la CPA, de deux tendances différentes. Les deux critères qui avaient conduit à choisir Kéolis étaient le fait que cette société proposait de parcourir 1,8 million de kilomètres de plus par an, et ce avec des bus non polluants.
Elle a en outre expliqué les raisons de cette situation. Cela tient en quelques mots : une trop grande précipitation de la CPA, une communication trop brève, « coincée » entre les élections du printemps dernier et le désir de lancer le nouveau réseau au début de l’été, pour que le public ait le temps de s’habituer avant la rentrée.
Enfin, à une question d’une personne présente dans la salle qui demandait combien ce retour en arrière allait coûter, Mme le maire a répondu : « Cela ne coûtera rien au contribuable. Je vous rappelle que cela fait onze ans que nous n’augmentons pas les impôts. Et nous avons même baissé le prix du ticket de bus ».
























































