5 243 œuvres dans les musées aixois !

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Le Musée Estienne de Saint-Jean (anciennement Musée du Vieil-Aix), le Musée du Palais de l’Archevêché (également mieux connu sous le nom de Musée des Tapisseries) et le Pavillon Vendôme ont procédé au « récolement » – c’est-à-dire à l’inventaire – de leurs collections. A cette occasion, ils ont exhumé de nombreuses œuvres.

La Ville d’Aix a décidé de faire le point sur les collections abritées par ses musées. Le récolement – c’est le terme consacré – permet aux musées de réviser leur inventaire, souvent incomplet, et ainsi d’acquérir une vision globale de leurs collections. Ainsi, les musées sont à même de conserver les œuvres de façon optimale, de restaurer celles qui en ont besoin, de les rendre accessibles au public. Ils peuvent par exemple faire tourner les collections présentées en salle, ou bien créer de nouvelles expositions reposant sur ces collections-là. Comme l’affirme marie-Pierre Sicard-Desnuelle, l’adjointe déléguée au patrimoine et aux musées, « Tous ces éléments contribuent, au final, à augmenter la visibilité du musée mais aussi de la Ville d’Aix ».

Musée du Palais de l’Archevêché (ex Musée des Tapisseries) : de 343 objets... à 800

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Situé depuis 1909 dans une aile de l’ancien Palais de l’Archevêché, le musée abrite notamment des biens des anciens archevêques : tapisseries des XVIIe et XVIIIe, peintures, sculptures, mobilier. L’inventaire précédent, commencé en 1952 mais jamais achevé, comportait de nombreuses erreurs et mentionnait 343 objets inscrits. Le récolement a permis d’en dénombrer très exactement 800 !
On notera que 35 d’entre elles sont classées au titre des Monuments historiques : 19 tapisseries, 13 peintures et 3 sculptures. En outre, 192 œuvres sont des dépôts de l’État, datant de 1909.

Sur les 800 pièces du Musée des Tapisseries, seulement 99 sont exposées de manière permanentes ; une trentaine d’objets sont déposés au musée Granet – essentiellement des peintures et des sculptures – une dizaine au Pavillon Vendôme et près de 130 dans des entrepôts, dans le Pays d’Aix.

Pavillon Vendôme : le nombre d’œuvres multiplié par trois

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Là encore, le récolement a réservé quelques bonnes surprises à ses auteurs. Alors que l’inventaire papier original mentionnait 544 objets, l’opération a permis d’en découvrir 1 263 supplémentaires, soit un total de 1 807 pièces désormais inventoriées.
Dans le détail, il s’agit d’œuvres d’art graphique (1 129), de mobilier (404), de céramiques (121), de peinture (95), de sculptures (27), ou encore d’armes anciennes (18). Les objets ont été photographiés et pour la quasi-totalité d’entre eux, ils ont fait l’objet d’un marquage – exception faite des tapisseries ou des œuvres difficilement accessibles, telles les lanternes.

Seuls 81 objets sont exposés en permanence dans le musée, le reste, soit 1 726 objets, se trouvent en réserves, à Aix ou en-dehors de la commune.

Le travail de récolement n’est pas encore terminé : il faudra y ajouter les dessins et aquarelles d’Henri Dobler – le dernier propriétaire du Pavillon Vendôme, qu’il légua à la commune à sa mort en 1941 – soit 11 carnets regroupant en tout 334 aquarelles et dessins, ainsi qu’un ensemble de documents de travail (242 calques). Il faut aussi mentionner les 9 œuvres mises en dépôt à l’ex-Institut d’études françaises pour étudiants étrangers, rue Gaston-de-Saporta – devenu Institut de management public et de gestion territoriale – dépôt datant de 1955.

Musée Estienne de Saint-Jean : le tour de notre ville en 2 600 objets

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Situé rue Gaston-de-Saporta, il se nomme désormais Musée d’Estienne de Saint-Jean, du nom de l’hôtel particulier qui l’abrite ; mais les Aixois l’appelleront encore longtemps « Musée du Vieil Aix ». L’hôtel appartenait à Marie d’Estienne de Saint-Jean, qui le donna à l’Etat en 1936, confiant la gestion du musée et de ses collections à l’association du Vieil Aix, qu’elle avait fondée en 1930 (1).

Le musée ayant été voulu comme un lieu de mémoire de la ville – à travers des pièces historiques mais aussi des objets de la vie quotidienne – les collections sont d’une grande diversité.

(1) L’association du Vieil-Aix s’est dissoute en 2008 et a cédé ses collections à la Ville d’Aix en janvier 2009.

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Le Musée Estienne de Saint Jean reçoit « L’Annonciation »

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Longtemps conservée dans l’église de la Madeleine, la peinture de « L’Annonciation » a rejoint le Musée d’Estienne de Saint-Jean où elle demeurera pendant la durée des travaux de rénovation de la Madeleine.

Cette œuvre est le panneau central d’un triptyque datant du XVe siècle, réalisé par Barthélémy d’Eyck, l’un des peintres du Roi René. Il comportait aussi deux volets latéraux, découpés et dispersés à une date inconnue, et que l’on trouve aujourd’hui dans des musées de Belgique et de Hollande.

Le triptyque a été commandé par le drapier Pierre Corpici qui affirme dans un testament du 9 décembre 1442 son désir d’orner son autel, dans l’actuelle cathédrale Saint-Sauveur, d’un retable représentant l’Annonciation, c’est-à-dire l’annonce faite à Marie – par l’archange Gabriel – qu’elle donnera naissance au fils de Dieu.

L’œuvre a probablement été livrée dans la cathédrale avant la fête de l’Annonciation de 1444 et y est demeurée jusqu’à la Révolution, non sans déplacements et mutilations. Son installation dans l’église de la Madeleine date probablement de 1803, lorsque les œuvres rassemblées dans les dépôts révolutionnaires regagnent les lieux de culte.

Elles sont aussi quantitativement fort importantes. Les œuvres inventoriées sont au nombre de 2 636, soit 530 œuvres d’art graphique, 272 documents imprimés, 239 santons, 205 peintures, 189 luminaires et accessoires, 177 marionnettes (de la crèche parlante et de la Fête-Dieu), avec leurs décors, 158 pièces textiles (costumes ou accessoires), 106 faïences, 46 pièces de mobilier et 22 sculptures.

Mais la plus grande part des collections est constituée des « objets divers » : ils sont au nombre de 692. Cette rubrique recouvre des domaines très différents. On citera des objets religieux (croix et bougeoirs de procession, crucifix, bénitiers, chapelets, reliquaires...), des objets de compagnonnage (cannes, outils...), des jeux, jouets, maquettes, cartes à jouer, des instruments de musique, des armes (épées, sabres, lances), des médailles, décorations, bannières, et une foule d’objets et d’ustensiles de la vie quotidienne (moulins et brûloirs à café, chaufferettes, chauffe-plats, fers à repasser, lunettes, pendules, vases, plats, balances, outils, coffrets, clés, cadenas, boîtes de confiserie, tabatières, colliers de chiens...).

Du fait que le musée n’occupe pas la totalité de l’hôtel d’Estienne de Saint-Jean, seules 15 % des collections sont en exposition permanente.